Côte d’Azur : Qu'est-ce que la Saxifraga florulenta, cette plante qui ne fleurit qu’une seule fois au bout de 40 à 75 ans ?

PLANTES Elle est une espèce endémique du parc national du Mercantour

Fabien Binacchi

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Une Saxifraga florulenta en pleine floraison
Une Saxifraga florulenta en pleine floraison — A. Turpaud / PNM
  • Dans le parc national du Mercantour, la Saxifraga florulenta est un emblème.
  • Elle ne fleurit qu’une seule fois avant de mourir, au bout de 40 à 75 ans de vie végétative.

Elle se loge dans des fentes étroites, le long des parois rocheuses, et fait le bonheur de ceux qui la croisent lorsqu’elle est en fleurs. Et pour cause, Saxifraga florentula, plante endémique du parc national du Mercantour (PNM), n’éclôt qu’une seule fois, après 40 à 75 ans de vie.

Ce spectacle, un randonneur et son guide en ont été les témoins il y a quelques jours. « J’avais souvent vu les pieds de cette plante mais je ne l’avais jamais observée en fleurs », a raconté le spécialiste de la haute montagne au quotidien.

Elle meurt après la floraison

La « Saxifrage à fleurs nombreuses » reste donc pendant plusieurs décennies à son stade initial, avec ces rosettes de feuilles spiralées. Et c’est en leur centre que surgissent des fleurs rose pâle réparties le long d’une panicule qui culmine jusqu’à 40 cm de haut. Un spectacle rare et précieux puisqu’après cette unique floraison, la plante dépérit.

« Les fleurs deviennent des petites capsules d’où sont libérées les graines qui formeront de nouvelles plantes et ce très long cycle se répète », explique Emmanuel Gastaud, du service sensibilisation et valorisation du territoire au PNM.

La plante a résisté aux périodes glaciaires

Cette plante vivace « est reconnue comme une espèce relictuelle d’origine tertiaire ayant survécu aux diverses rigueurs climatiques, notamment les glaciations », note aussi le parc sur son site Internet.

La « Saxifrage à fleurs nombreuses » est un des emblèmes du Mercantour. « Elle est restée sur notre logo à partir de la création du parc et jusqu’en 1990, raconte encore Emmanuel Gastaud. La Saxifraga fait partie de nos espèces endémiques. Le parc en compte une centaine. »