Un scooter électrique Cityscoot. Illustration.
Un scooter électrique Cityscoot. Illustration. — V. Bustarret - Cityscoot

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«Un scooter électrique, mais à quel prix?» Les internautes prêts à moins polluer, mais insatisfaits par l'offre

Une étude vient de révéler que les scooters polluent plus que les voitures à moteur thermique. Si de nombreux scootéristes sont tentés par les scooters électriques, ils pointent du doigt le coût et le manque d’autonomie des véhicules proposés sur le marché

  • Le Conseil international pour un transport propre (ICCT) a publié une étude révélant que les deux-roues rejettent jusqu’à six fois plus de NOx et onze fois plus de monoxyde de carbone (CO) que les voitures essence les plus récentes.
  • Passer au scooter électrique fait partie des solutions pour réduire l’impact environnemental de nos déplacements.
  • Mais pour de nombreux lecteurs de ​20 Minutes, les scooters électriques sont encore trop chers et disposent de trop peu d’autonomie pour être qu’ils abandonnent leur véhicule à essence.

« Trop cher », « j’attends que des modèles soient abordables en termes de prix et d’autonomie », « ce qui me bloque c’est le budget »… Les internautes de 20 Minutes ayant répond à notre appel à témoignages sont nombreux à se dire tentés par le scooter électrique, mais beaucoup considèrent l’offre actuelle encore insuffisante pour qu’ils franchissent le pas.

Selon une étude inédite réalisée par l’association environnementale ICCT à l’origine du scandale du « Dieselgate » et dévoilée mardi, les émissions polluantes aux oxydes d’azote (NOx) des voitures diesels qui circulent dans la capitale dépassent les normes européennes en vigueur. Les scooters et motos sont particulièrement mis en cause : très prisés dans les grandes villes, ils émettent pourtant 11 fois plus de monoxydes de carbone et 6 fois plus de NOx en moyenne qu’une voiture essence. Pour y mettre un frein, le scooter électrique est une des solutions. Mais ces nouveaux deux-roues cumulent encore de trop nombreux défauts pour convaincre totalement les internautes.

Jusqu’à 7.000 euros le scooter

Premier frein à l’achat d’un scooter électrique : le coût. « Comment se payer un électrique vu les prix ? », dénonce Daniel, 69 ans. « Un scooter électrique, d’accord, mais à quel prix ? », renchérit Laurent. Il faut dire que la différence est élevée entre les deux types de véhicules. Pour Reda, c’est la raison pour laquelle il reste au scooter à essence. « Un scooter en occasion comme le mien coûte entre 1.700 et 2.200 euros selon kilométrage et équipements […], pour avoir un équivalent [électrique] il faut débourser près de 5.000 à 7.000 euros », assure-t-il.

Pourtant, une aide existe : la mairie de Paris verse 400 euros aux particuliers qui achètent un scooter électrique. Un chiffre « ridicule », pour Amélie, 38 ans. « Avec ce montant, vous payez uniquement les frais de mises en service, d’équipements, etc. Autant dire que c’est dérisoire », se désole de son côté Sébastien, 36 ans. L’offre reste par ailleurs restreinte aux véhicules limités à 45 km/h. « C’est vrai que dans Paris, on est limités à 50 km/h », reconnaît-elle, « mais pas sur le périph où l’on peut rouler à 80 km/h. Ce qui est assez pratique pour traverser Paris sans rentrer dedans », rappelle-t-elle.

« En électrique, j’ai peur de me trouver en rade »

Les questions pratiques viennent ensuite en tête des récriminations contre l’électrique. Régulièrement dénoncé comme insuffisant, le réseau de bornes de recharge freine le passage à des scooters plus écologiques. Pour une internaute préférant rester anonyme, le changement de véhicule n’est envisageable que « si des bornes rechargeables se trouvent en quantité là où [elle] doit [se] rendre ». Même préoccupation chez Amélie. « En essence, je trouve facilement une station pour refaire le plein. Alors qu’en électrique, si je ne fais pas gaffe, j’ai peur de me retrouver en rade », s’inquiète-t-elle.

D’autant que la durée d’autonomie des véhicules électriques est plus faible que pour les scooters thermiques. « 120 kilomètres annoncés, donc avec les aléas (vents, poids, conduite), cela se réduit », se plaint Reda. « Je me déplace tous les jours en scooter sur périphérique et autoroute pour mon travail. […] J’ai donc besoin de puissance », assure Jean-François, 64 ans, qui préfère rouler à l’essence.

« Je sais que la finalité sera pour moi l’achat d’un scooter électrique »

Certains internautes ont pourtant franchi le pas. Pour eux, il s’agit de mieux respecter l’environnement, mais pas seulement. « Un véhicule électrique est plus agréable qu’un véhicule à essence ou diesel », assure Christophe, propriétaire d’un scooter et d’une voiture électrique. Il souligne notamment une conduite « plus souple » et des accélérations plus rapides. Autres avantages : le confort de conduite. « Pas de bruit, pas d’odeur, pas de trace d’huile ou d’essence dans le garage… », énumère Christophe. Pour éviter le manque de bornes, il utilise une batterie rechargeable. « Plus d’attente, plus de détour pour y aller, moins de stress (tous les matins vous disposez du plein) », se réjouit-il.

Plusieurs internautes se disent bien intéressés, mais préfèrent encore attendre que la variété d’offres augmente avant d’acheter. « Je me pose encore plein de questions, mais je sais que la finalité sera pour moi l’achat d’un scooter électrique », affirme Amélie. En attendant de trouver un véhicule qui leur convient, certains internautes trouvent des solutions transitoires, comme Jean-Christophe, qui a vendu sa moto en début d’année pour des raisons environnementales. « J’ai ressorti mon vieux vélo, en attendant que des modèles de scooters électriques soient abordables en termes de prix et d’autonomie », explique-t-il.