Russie : La première centrale nucléaire flottante est arrivée à bon port

ENVIRONNEMENT La première centrale nucléaire flottante du monde, développée par la Russie, est arrivée samedi à son port de stationnement permanent à Pevek, dans l'Extrême-Orient russe

20 Minutes avec AFP

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Centrale nucléaire flottante russe
Centrale nucléaire flottante russe — Handout / ROSATOM / AFP

Le « Tchernobyl flottant » est arrivé à bon port. Après avoir fait un voyage de 5.000 kilomètres dans l'Arctique, la première centrale nucléaire flottante du monde, construite par la Russie, est en effet arrivée samedi à son port de stationnement permanent à Pevek, dans l’Extrême-Orient russe.

« La centrale nucléaire flottante Akademik Lomonossov est arrivée (…) à Pevek, dans le district autonome de Tchoukotka » où elle doit être raccordée au réseau électrique local pour devenir opérationnelle d’ici la fin de l’année, a précisé l’agence nucléaire russe Rosatom dans un communiqué.

Pour développer la production d’hydrocarbures

Destiné à alimenter le développement de la production d’hydrocarbures dans des zones excessivement isolées, l’Akademik Lomonossov a quitté Mourmansk, port du Grand Nord russe où il a été chargé en combustible nucléaire, le 23 août.

L’Akademik Lomonossov est censé couvrir la consommation de 100.000 personnes et servira surtout pour alimenter les plateformes pétrolières de la région, alors que la Russie développe l’exploitation des hydrocarbures dans l’Arctique.

Pour arriver à son port permanent, ce bloc de 21.000 tonnes, dépourvu de moteur, a été tracté par plusieurs navires. La centrale, de 144 mètres de long et 30 mètres de large, comporte deux réacteurs d’une capacité de 35 MW chacun, proches de ceux des brise-glace nucléaires, contre plus de 1.000 MW pour un réacteur d’une centrale classique de nouvelle génération.

« C’est peut-être un petit pas vers le développement durable dans l’Arctique, mais c’est un pas de géant vers la décarbonation des zones éloignées hors réseau, et un tournant dans le développement des petites centrales nucléaires modulaires dans le monde », a déclaré Alexeï Likhatchev, patron de l’agence Rosatom, cité dans le communiqué.

Les associations redoutent de « graves conséquences »

Les associations environnementales, notamment Greenpeace Russie, dénoncent cependant ce projet depuis des années, en redoutant de « graves conséquences » pour cette région très fragile en cas d’une tempête ou d’un accident.

Leurs mises en garde à propos des dangers d’un « Tchernobyl sur glace » ou d’un « Titanic nucléaire » ont pris un accent particulier alors qu’une explosion en août sur une base d’essais de missiles dans le Grand Nord russe a fait brièvement bondir la radioactivité dans la zone.