Loups: Déjà 90 abattus en 2019, le plafond relevé à 100

ANIMAUX Malgré les protestations de plusieurs associations, la décision est conforme à l’arrêté interministériel du 26 juillet 2019 relatif aux destructions de loups

20 Minutes avec AFP

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Des loups.
Des loups. — Fabrice Elsner/20 Minutes

La préfecture d’Auvergne-Rhône-Alpes, en charge de la gestion du loup, a annoncé jeudi que le quota d’autorisations d’abattage de 90 animaux tués pour 2019 avait été atteint. En conséquence, « le préfet coordonnateur du plan national loup et des activités d’élevage a décidé d’augmenter le plafond global de prélèvements de 2 % et ainsi de porter le nombre de loups pouvant être tués à 100 », a annoncé la préfecture.

Protestations d’organisations de défense de la faune sauvage

Cette décision, prise « après consultation du groupe national loup », est conforme à l’arrêté interministériel du 26 juillet 2019 relatif aux destructions de loups, pris du fait de la recrudescence d’attaques de troupeaux, précise-t-elle. Face à la colère des bergers, le gouvernement avait alors décidé le relèvement du pourcentage d’animaux pouvant être tués, de 10-12 % à 17-19 % de la population estimée, soit un plafond de 90 à 100 loups, déclenchant les protestations de plusieurs organisations de défense de la faune sauvage.

Dans un communiqué publié jeudi, 21 organisations agricoles de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, la plus touchée par les attaques, ont alerté les autorités sur la situation dans les parcs naturels. Elles réclament « que les éleveurs en zone cœur de parc et en réserves naturelles puissent aussi avoir urgemment accès aux tirs de défense », comme c’est déjà le cas pour les communes le plus fréquemment attaquées. « On a en moyenne une attaque par jour dans les parcs. Septembre-octobre est le moment où les loups apprennent à chasser à leurs petits », a notamment souligné Sandrine Hauser, éleveuse et responsable de la FRSEA dans les Hautes-Alpes. « On a fait des demandes récurrentes pour des tirs de prélèvement mais on nous dit de ne pas toucher aux loups dans les parcs, on n’en peut plus », a-t-elle encore protesté.

Un animal de retour en France dans les années 1990

Le loup, éradiqué en France dans les années 1930, est revenu naturellement par l’Italie dans les années 1990. Malgré l’augmentation rapide de la population, l’espèce protégée en France et en Europe est toujours « menacée », a insisté en juin le directeur du comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui classe le loup gris comme « vulnérable » sur sa fameuse liste rouge.