VIDEO. Nantes : A quoi ressemble la première ferme urbaine, cachée dans l’ancien MIN ?

AGRICULTURE URBAINE L’Agronaute vient d’ouvrir ses portes dans l’ancien marché de gros, sur l’île de Nantes

Julie Urbach

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L'Agronaute, première ferme urbaine nantaise, a ouvert ses portes en septembre 2019
L'Agronaute, première ferme urbaine nantaise, a ouvert ses portes en septembre 2019 — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Cachée dans l’ancien MIN, la première ferme urbaine a pour objectif de « démocratiser le jardinage auprès des citadins ».
  • Sur 3.500 m2 de sol bétonné, l’Agronaute dispose notamment d’un jardin pédagogique ou d’une pépinière participative, en plus d’un espace bar et restauration.

Ici, il n’y a ni vache, ni tracteur, et pas la peine de prévoir des bottes pour venir s’y promener. Depuis ce week-end, la première ferme urbaine nantaise a ouvert ses portes, sur l’île de Nantes. Cachée à l’intérieur de la serre aux fleurs de l’ancien MIN désormais vide (accès le long de la Loire), elle s’étale sur quelque 3.500 m² de sol… bétonné. « Mais ça pousse quand même très bien, sourit Swen Déral, 30 ans, le cofondateur de l’association La Sauge, à l’origine de ce projet appelé l’Agronaute. On a déjà eu des belles tomates, pas mal de courges, des concombres… Il y a aussi des fleurs et différentes sortes d’aromates ! »

En plein boom, et notamment à Paris, ce genre de lieu atypique vise à « sensibiliser à la transition énergétique, en démocratisant le jardinage auprès des citadins ». Et les inciter à remettre les mains dans la terre, mais pas forcément en plein champ. « On veut montrer que c’est facile à faire chez soi si l’on connaît les bonnes techniques. Jardiner peut être une vraie source de plaisir, comme aller à un cours de yoga, continue Swen Déral. C’est aussi très important si l’on veut agir pour le bien manger. Nous pensons que ces savoir-faire doivent être partagés par le plus grand nombre. »

Cultures en bottes de paille

Pour y parvenir, l’association La Sauge a imaginé différents espaces, ouverts aux adhérents et au grand public du mercredi au dimanche. « Dans le jardin pédagogique, aménagé sur des bacs à eaux, nous animerons chaque semaine des ateliers pour les enfants et pour les adultes, détaille Marie, responsable de la programmation du lieu. Nous avons aussi une pépinière participative, de laquelle on espère faire sortir environ 10.000 plants l’an prochain. » Le week-end, des ventes de plantes, découverte du compostage, ou marchés solidaires sont au programme (surtout jusqu’en novembre, car le rythme sera évidemment moins soutenu l’hiver).

Mais le plus impressionnant à venir observer, ce sont ces dizaines de mètres de rangées de bottes de pailles posées sur le sol, dans lesquelles poussent toutes sortes de légumes. Cette technique, qui consiste à recréer très rapidement de bonnes conditions de culture à l’aide de terreau et de compost, semble porter ses fruits puisque plusieurs récoltes ont déjà été réutilisées dans l’espace bar et restauration, aménagé juste à côté. L’objectif, à terme, est d’atteindre l’autonomie alimentaire, voire de pouvoir approvisionner certains restaurants nantais, dit-on. Mais aussi de tendre à l’autosuffisance en eau, avec l’installation prochaine de récupérateurs pour ces cultures déjà très gourmandes en arrosage.

Déménagement sur un toit

A terme, la ferme urbaine de Nantes devra quitter l’ancien marché de gros, afin de laisser la place au futur CHU. Le déménagement se fera en deux temps : d’abord, une partie de l’Agronaute et ses légumes s’installeront au sommet d’un immeuble flambant neuf, construit dans le cadre du projet des 5 Ponts, dès l’an prochain.

Ce lieu d’accueil proposera centre d’hébergement d’urgence (40 studios), accueil de jour et halte de nuit, auxquels se mêleront donc diverses activités. Une autre parcelle de 3.000 m2, dont la livraison est prévue d’ici à cinq ans, doit permettre le développement de l’Agronaute.