Ouragan Dorian : On a refait le cycle de la vie d’un ouragan

CATASTROPHES NATURELLES La naissance, la vie et la mort d’un ouragan… « 20 Minutes » refait le cycle de la vie de ces phénomènes naturels alors que Dorian s’apprête à mourir dans le Grand Nord

Jean-Loup Delmas

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Une autre image de l'ouragan Dorian vu depuis l'espace, prise depuis la Station spatiale internationale (ISS).
Une autre image de l'ouragan Dorian vu depuis l'espace, prise depuis la Station spatiale internationale (ISS). — Nick Hague/AP/SIPA
  • L’ouragan Dorian commence à toucher le Canada.
  • Une trajectoire « normale » dans la vie de ces cataclysmes.
  • 20 Minutes fait le récap du cycle de la vie d’un ouragan en trois actes.

L'ouragan Dorian, qui a ravagé les Bahamas la semaine dernière, est désormais en route vers le Canada. Jusqu’où peut-il aller ? Pour mieux comprendre le cycle de vie de ces phénomènes naturels cataclysmiques, voici un résumé l’existence d’un ouragan en trois actes.

Acte I : La naissance

Sabrina Speich, professeure au département de géosciences de l’École normale supérieure de Paris, détaille « Un ouragan se forme quand la température de l’eau est supérieure à 26 degrés sur une cinquantaine de mètres de profondeur. C’est de l’océan et de chaleur qu’il va prendre toute sa puissance, puisque l’eau chaude lui apporte l’énergie dont il a besoin pour naître, mais aussi pour durer. ». Ce n’est pas un hasard donc si les ouragans naissent dans les eaux tropicales naturellement chaudes. Autre condition nécessaire, des vents à peu près similaires en altitude et à la haute surface de l’eau : « si les vents sont trop différenciés, l’ouragan n’aura pas l’occasion de prendre forme », assure la professeure. C’est même souvent l’un des motifs de sa mort, que nous verrons dans l’acte III.

Acte II : La vie

L’ouragan va suivre « la circulation de l’atmosphère normale, c’est-à-dire d’Est en Ouest », poursuit Sabrina Speich, voilà pourquoi les Caraïbes et les Etats-Unis sont si souvent touchés. Ce contact avec la terre, sa plus grande démonstration de force, va néanmoins souvent causer sa perte : « Sur la terre, il n’y a plus d’eau à puiser. Donc l’ouragan n’a plus sa source d’énergie et va perdre de la puissance faute de pouvoir se renouveler. De plus, contrairement à l’océan, le sol érode les vents qui perdent de leurs vitesses. » Vous noterez d’ailleurs que l’ouragan rétrograde souvent de catégorie après un passage terrestre, voire disparaît. Une fois arrivé à l’Ouest, s’il ne s’enfonce pas dans les terres pour mourir, l’ouragan va remonter vers le Nord (comme c’est le cas de Dorian), suivant là aussi la circulation classique de l’atmosphère.

Acte III : Le décès

Poussière, nous sommes et nous retournerons poussière, et l’ouragan ne fait pas exception. La durée de vie du phénomène est d’ailleurs courte : neuf jours en moyenne. Deux morts s’offrent à lui selon sa trajectoire : soit il s’enfonce dans les terres et perd son énergie faute de pouvoir puiser l’eau chaude océanique, soit il remonte vers le Nord et va tomber sur un double phénomène qui va lui faire vite perdre là aussi de sa puissance : « Au Nord, les vents sont plus différenciés entre l’altitude et le niveau de la mer, ce qui va provoquer la fin de l’ouragan », indique Sabrina Speich. Autre raison évoquée par la professeure, l’eau chaude puisée par le cyclone se fait beaucoup plus rare qu’aux tropiques. Ces deux phénomènes cumulés font du Nord un cimetière à ouragan.

Reste une question en suspens : comment se manifeste la mort officielle d’un ouragan ? Rien de très impressionnant nous assure Sabrina Speich : « Il s’agit d’une certaine vitesse minimale des vents à avoir. A partir du moment où les vents sont suffisamment « lents », on considère que l’ouragan n’est plus. Il devient alors une perturbation ou une dépression, de plus ou moins forte intensité, qui revient vers l’Europe, sans provoquer de gros dégâts ».

La question réchauffement

Est-ce qu’avec le réchauffement climatique, et la montée de la température des eaux, les ouragans vivront plus longtemps dans le Nord ? « Il n’y a pas d’études qui ont indiqué un tel phénomène, coupe Sabrina Speich. Ce qu’on constate avec le réchauffement climatique, c’est que les cyclones sont plus intenses. » Et même si c’est contre-intuitif, les cyclones ralentissent : « Ils se déplacent plus lentement du fait du ralentissement global du courant atmosphérique avec le réchauffement. »