Amazonie : Macron « à la hauteur » contre Bolsonaro, juge Nicolas Hulot

PLANETE L’ancien ministre estime que le président français a eu raison de « sortir de la diplomatie molle »

20 Minutes avec AFP

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Nicolas Hulot et le chef autochtone amazonien Raoni à Bordeaux, le 7 septembre 2019.
Nicolas Hulot et le chef autochtone amazonien Raoni à Bordeaux, le 7 septembre 2019. — AMEZ / ROBERT/SIPA

Emmanuel Macron s’est montré « à la hauteur » sur la question de l’Amazonie et face au président brésilien Jair Bolsonaro, « complice d’un crime contre l’humanité », a estimé samedi à Bordeaux l’ex-ministre de l’Ecologie Nicolas Hulot.

« L’attitude du président Macron a été à la hauteur. A un moment, il faut sortir de la diplomatie molle et quand il a traité le président Bolsonaro de menteur [sur ses engagements environnementaux], il n’a fait que dire la vérité », a déclaré l’ancien ministre démissionnaire à des journalistes à l’issue d’une conférence sur l’Amazonie à laquelle a participé le chef autochtone amazonien Raoni, autre détracteur du chef d’Etat brésilien.

« J’ai repris une forme de liberté »

La plus grande forêt tropicale du monde est grignotée depuis des semaines par des incendies, dont les spécialistes estiment qu’ils sont largement dus à la déforestation, en rapide progression au Brésil sous Jair Bolsonaro. « Quand on menace ou agit pour détruire la forêt amazonienne, quand on est complice de ça comme l’est Bolsonaro, on est complice d’un crime contre l’humanité », a dit Nicolas Hulot.

Interrogé sur l’idée d’une « internationalisation » de l’Amazonie avancée par Macron mais qui hérisse son homologue brésilien, Nicolas Hulot a estimé que « c’est une très bonne chose » que la France puisse prendre l’initiative d’une réflexion « sur les biens communs » tels « la forêt amazonienne ».

Auparavant, lors de la conférence dans le cadre du festival d'« éco-mobilisation » Climax, Nicolas Hulot avait été interpellé sur sa « défense » supposée du président Macron, et il avait alors répondu en paraphrasant Talleyrand : « Quand je nous regarde, je me désole mais quand je nous compare [avec d’autres pays], je me console ».

L’ex-ministre d’Edouard Philippe n’avait toutefois pas prévu de se rendre au « campus » du parti présidentiel, à quelques kilomètres de là : « j’ai repris une forme de liberté » mais « cette liberté ne met pas » pour autant « dans une forme d’animosité » vis-à-vis de ses anciens collègues. Son « ami Raoni », a quant à lui fait part, devant 1.000 auditeurs conquis, de sa volonté de « continuer à lutter pour que le président Bolsonaro parte au plus vite ».