Australie : Les perspectives désormais « très mauvaises » pour la Grande Barrière de corail

DISPARITION Température des océans, prédateurs, ravages de l’industrie minière… Les menaces se multiplient

20 Minutes avec AFP

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Vue aérienne de la Grande Barrière de corail en 2014.
Vue aérienne de la Grande Barrière de corail en 2014. — Sarah Lai / AFP

L'Australie de plus en plus pessimiste pour sa Grande Barrière de corail. Dans son rapport quinquennal, l'Autorité du parc marin de cet écosystème unique lance une alerte sur l’élévation de la température de l’océan, la plus grave menace pour ce site.

« Les impacts graves des températures record à la surface de l’eau font que l’état de l’habitat du récif est passé de mauvais à très mauvais », précise l’Autorité, qui est une agence gouvernementale. « Le réchauffement climatique s’aggrave et est la menace la plus grave pour les perspectives à long terme de la région », poursuit-elle. « Une action mondiale d’envergure pour répondre au réchauffement climatique est capitale pour ralentir la dégradation de l’écosystème et la valeur patrimoniale du récif et aider à son rétablissement. »

Une étoile de mer dévoreuse de corail

Inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1981, la Grande barrière s’étend sur environ 2.300 kilomètres le long de la côte nord-est de l’Australie et constitue le plus vaste ensemble corallien du monde. L’agence précise que le site est confronté à des menaces « multiples, qui s’ajoutent et s’aggravent ». Elle cite notamment les ruissellements agricoles et les ravages provoqués par l’acanthaster pourpre, une étoile de mer dévoreuse de coraux qui a proliféré en raison de la pollution.

L’ensemble avait subi en 2016 et 2017 deux épisodes de blanchissement sans précédent de ses coraux, un phénomène dû au réchauffement climatique. « Nous sommes actuellement dans la fenêtre d’opportunité pour permettre une amélioration à long terme de la Grande Barrière », ajoute l’agence.

La stratégie du gouvernement critiqué

Le gouvernement conservateur australien est depuis des années la cible des ONG. Elles critiquent son inaction dans la lutte contre le réchauffement climatique, à cause notamment de la priorité donnée au secteur minier, notamment charbonnier, et aux exportations de ces ressources fossiles, qui sont à la base du succès économique australien.

Coïncidence, la publication du rapport de l’Autorité du parc marin de la Grande Barrière de corail est intervenue le même jour que celle de nouveaux chiffres du gouvernement, lesquels ont montré que les émissions australiennes de gaz à effet de serre avaient continué à grimper au premier semestre, une tendance qui dure depuis quatre ans.