Le Conseil d'Etat suspend un arrêté autorisant la chasse au courlis cendré, un oiseau menacé

BIODIVERSITÉ L’arrêté de la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne autorisait la chasse de 6.000 courlis cendrés pour cette saison

20 Minutes avec agences

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Un courlis cendré.
Un courlis cendré. — AUSLOOS/SIPA

Le Conseil d’Etat a ordonné la suspension immédiate d’un arrêté ministériel autorisant la chasse au courlis cendré, une espèce menacée. « La suspension de l’exécution de cet arrêté doit être ordonnée en tant qu’il fixe à un nombre supérieur à zéro le total de prélèvements autorisés de courlis cendrés pour l’ensemble du territoire métropolitain », indique l’ordonnance du Conseil d’Etat rendue lundi.

La chasse à ce petit échassier était ouverte depuis le 3 août sur le domaine public maritime des départements de la façade de l’Atlantique, de la Manche et de la mer du Nord. L’arrêté de la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne prévoyait ensuite que le courlis cendré pourrait être chassé à partir du 15 septembre sur le reste du territoire. Alors que l’oiseau est inscrit sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN., l’arrêté autorisait la chasse de 6.000 spécimens pour cette saison.

Les chasseurs déplorent la décision

C’est « une douche froide pour les chasseurs », a réagi la Fédération nationale des chasseurs (FNC) dans un communiqué. « Encore une fois, l’Europe et le Conseil d’Etat ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, ne parlant que de la chasse comme variable d’ajustement », déplore la FNC, qui demande désormais « la suspension immédiate des négociations autour de la gestion adaptative tant que des bases saines n’auront pas été trouvées ».

L’an dernier, le gouvernement, accusé notamment par le ministre démissionnaire Nicolas Hulot de favoriser le lobby des chasseurs, a présenté une réforme de la chasse divisant le prix du permis national par deux et mettant en place la « gestion adaptative » pour remplacer la liste figée d’espèces chassables.

Une stratégie « à nouveau mise en échec »

« Quota zéro pour la chasse au courlis », s’est au contraire félicitée la Ligue de protection des oiseaux (LPO), qui avait saisi la haute juridiction administrative. « La stratégie gouvernementale d’utiliser le principe de "gestion adaptative" dans le but de laisser perdurer la chasse d’espèces sauvages vulnérables est à nouveau mise en échec », a indiqué l’association dans un communiqué.

En début d’année, le Conseil d’Etat avait déjà ordonné la suspension immédiate d’un arrêté autorisant la prolongation de la chasse aux oies sauvages en février. La LPO s’alarme par ailleurs du sort de la tourterelle des bois. « Nous attendons maintenant avec inquiétude et détermination » la décision de la ministre Elisabeth Borne sur cette espèce, souligne Allain Bougrain Dubourg, président de la LPO. Selon l’association, la ministre s’apprête à prendre un arrêté « pour tuer 30.000 individus alors que l’espèce est menacée d’extinction au niveau mondial ».