VIDEO. Incendie en Amazonie : « Nous avons eu une bonne discussion »… Le chef Raoni a rencontré Emmanuel Macron

ENVIRONNEMENT « Les forêts et les terres du Brésil aident toute la planète à vivre », a rappelé Raoni Metuktire

20 Minutes avec AFP
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Le chef Raoni Raoni Metuktire, issu de la tribu Kayapo, à Bidart (Pyrénées-Atlantiques), le 26 août 2019.
Le chef Raoni Raoni Metuktire, issu de la tribu Kayapo, à Bidart (Pyrénées-Atlantiques), le 26 août 2019. — AFP

Ils se sont rencontrés juste après la fin du sommet du G7. Le président français Emmanuel Macron a rencontré, lundi soir, le chef Raoni Metuktire, figure de la lutte contre la déforestation en  Amazonie. Le chef indigène, défenseur de l’environnement, s’est dit satisfait de cette rencontre avant d’avoir des mots très durs pour le  président brésilien Jair Bolsonaro.

« On a parlé avec le président Macron de beaucoup de sujets et nous avons eu une bonne discussion, a-t-il dit dans sa langue via deux interprètes. J’ai demandé au président Macron qu’il nous aide à préserver nos terres ». « Il va convaincre les chefs d’Etat d’aider l’Amazonie avec les incendies et l’état critique de la forêt », a ajouté le chef du peuple kayapo, 89 ans, portant sa coiffe traditionnelle jaune.

Une proposition d’aide refusée par le Brésil

Emmanuel Macron a lancé au G7 une « initiative pour l’Amazonie », en proie à nombreux incendies. Vingt millions de dollars ont été proposés en urgence pour envoyer des avions bombardiers d’eau, auxquels la France devait apporter un appui militaire avec ses forces en Guyane.  Une proposition rejetée dans la nuit par le Brésil, qui a indiqué que les incendies en Amazonie étaient « sous contrôle ».

« Les forêts et les terres du Brésil aident toute la planète à vivre », a souligné Raoni Metuktire, inlassable combattant pour le respect des droits des communautés indigènes. Selon cet adversaire déclaré du président brésilien Jair Bolsonaro, c’est ce dernier qui « incite les fermiers et les entreprises minières à mettre le feu à l’Amazonie ». Vendredi dans un entretien à l’AFP, Raoni avait demandé l’aide de la communauté internationale pour contribuer à « faire partir le plus vite possible » Bolsonaro. « C’est lui en vérité qui crée les problèmes, qui accentue ces destructions, ces incendies, l’exploration minière. C’est lui qui est en train de coloniser (l’Amazonie), et pas Macron ».

Un président « toujours pas adulte »

« On dirait qu’il n’est toujours pas adulte, voilà pourquoi il ne veut pas me rencontrer », ajoute-t-il dans une vidéo publiée par Franceinter. « J’ai connu beaucoup de chefs d’État en 60 ans : ils parlaient avec moi, ils me portaient de la considération. On pouvait discuter. Bolsonaro, depuis qu’il est arrivé, il ne dit que des choses épouvantables. Bolsonaro vient d’ailleurs, il n’est pas du Brésil. Moi, je suis originaire de cette terre. »

Le président brésilien a accusé Emmanuel Macron de « colonialisme » au sujet de son idée de soutien international en faveur de l’Amazonie, accentuant les tensions diplomatiques entre les deux pays.