G7 à Biarritz: Recul de la côte, agriculture raisonnée... Comment les images satellites vont aider la Nouvelle-Aquitaine

ENVIRONNEMENT La région Nouvelle-Aquitaine et le Cnes signeront samedi, pendant le G7 à Biarritz, un partenariat pour favoriser l'exploitation d'images satellites au service du développement durable

Mickaël Bosredon

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Biarritz au Pays Basque vue par le satellite Pléiades le 3 mars 2013.
Biarritz au Pays Basque vue par le satellite Pléiades le 3 mars 2013. — CNES/Distribution Airbus DS, 2013
  • La région Nouvelle-Aquitaine entend élaborer ses futurs scénarios d’impacts du changement climatique, grâce aux images satellites.
  • Ces images doivent fournir des informations concrètes concernant le recul du trait de côte, ou la gestion de l’agriculture raisonnée.
  • L’idée est d’en faire un véritable outil d’aménagement du territoire.

Les questions environnementales devraient être au cœur des discussions lors du sommet du G7 à Biarritz, du 24 au 26 août. La région Nouvelle-Aquitaine veut en profiter pour mettre ses problématiques sur la table. Samedi, elle signera une convention avec le Cnes (Centre national d'études spatiales) pour « mettre en œuvre des solutions spatiales innovantes » au service du développement durable et de la protection du patrimoine naturel.

« Il s’agit de mettre en place des services utilisant des données et des technologies spatiales croisées avec des données socio-économiques pour élaborer des scénarios d’impacts du changement climatique, explique la région Nouvelle-Aquitaine. Il s’agit aussi de mieux connaître, et donc de mieux gérer, un certain nombre d’éléments essentiels du patrimoine naturel de la Nouvelle-Aquitaine : littoral et eaux de baignades, bassins hydrographiques, massifs forestiers, territoires viticoles, zones humides et étangs (26.000 dans la région). »

Récolte du vin et évolution de la forêt

Le Cnes est à l’initiative d’un observatoire international du climat (« Space Climate Observatory »), qui mettra à disposition de la région des données scientifiques sur les impacts du changement climatique. Contacté par 20 Minutes, Gilles Rabin, directeur de l’innovation, des applications et de la Science au Cnes, explique toutes les applications concrètes que ces données peuvent offrir.

« Prenez la problématique du recul du trait de côte à Lacanau : à part le spatial, je ne vois pas comment vous pouvez la traiter. Les images satellites peuvent aussi permettre de donner des informations, à l’heure près, sur le meilleur moment pour la récolte du vin. C’est aussi un outil pour la sylviculture : il peut montrer l’évolution forestière de la forêt des Landes au centimètre près. »

« L’observation des images seules ne suffit pas »

Responsable des partenariats stratégiques entre le Cnes et les régions, Didier Lapierre ajoute que les images satellites deviendront un outil déterminant dans la gestion de l’agriculture biologique, ou raisonnée. « Il peut y avoir une optimisation des produits utilisés : grâce aux images satellites, on peut voir qu’une maladie se développe à tel endroit, analyser les plantes qui résistent le mieux, ou déterminer les champs qui ont besoin ou pas d’être arrosés. C’est un véritable outil d’aménagement du territoire. »

Des collectivités font d’ailleurs déjà appel aux images du Cnes. Comme l’agglomération de Dax (Landes) concernant l’analyse de ses bâtiments, pour suivre les mouvements de terrain. « Nous avons les données, et c’est la région qui choisit ce qui l’intéresse, poursuit Gilles Rabin. Mais l’observation des images seules ne suffit pas, il faudra ensuite des études d’impact pour déterminer les politiques à mettre en place. »