L'océan Atlantique, depuis la plage de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques)
L'océan Atlantique, depuis la plage de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) — Bob Edme/AP/SIPA

ENVIRONNEMENT

G7 à Biarritz: Des associations dénoncent la pollution aux détergents chimiques du Golfe de Gascogne

Plusieurs associations veulent profiter de la tenue du G7 à Biarritz, pour alerter les chefs d'Etat sur « la pollution du Golfe de Gascogne aux détergents pétrochimiques », que l'on retroue notamment dans les lessives

  • Cette pollution serait due aux détergents pétrochimiques, notamment les lessives, qui ne sont presque jamais traités par les stations de traitement des eaux usées.
  • Invisible par temps calme, cette pollution prend la forme de mousses brunâtres dès que la mer s'agite.
  • Les associations demandent que le G7 acte le retrait du marché des détergents pétrochimiques.

« Une pollution invisible mais redoutable. » Plusieurs associations, dont l'ONG France Nature Environnement et la Sepanso Aquitaine, ont dénoncé ce lundi « une pollution aux détergents pétrochimiques » dans le Golfe de Gascogne. Ces produits chimiques s’accumulent « au point que l’atmosphère iodée naturelle, caractéristique d’un océan en bonne santé, a disparu. » Ces associations environnementales veulent profiter de la tenue du G7 à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), du 24 au 26 août, pour demander aux chefs d’Etat des décisions concrètes.

A la différence d’une marée noire, expliquent ces associations, « la pollution chimique à l’origine du problème est invisible par mer calme. Pourtant, dès que la mer s’agite, des mousses brunâtres apparaissent, remplaçant l’écume naturelle. » Des analyses des prélèvements de mousses réalisés par la Sepanso, de Biscarrosse à la côte basque, « confirment cette pollution ».

« Un cocktail de micropolluants »

A l’origine, se trouverait « un cocktail composé notamment de détergents pétrochimiques, entre autres micropolluants, qui ne sont presque jamais traités par les stations de traitement des eaux usées. On retrouve ces détergents pétrochimiques dans les lessives, notamment. Pire, lors d’épisodes pluvieux, des débordements directs de stations d’épuration s’ajoutent à la pollution globale qui finit dans le Golfe de Gascogne. »

La Sepanso rappelle qu’elle alerte sur ce phénomène depuis 1998. « Le G7 doit acter le retrait du marché des détergents pétrochimiques, comme cela vient d’être fait pour certains plastiques, soutient ainsi Georges Cingal, secrétaire général de la fédération Sepanso Aquitaine. C’est une mesure de bon sens si l’on ne veut pas que les zones mortes ne se multiplient dans nos océans. »

« Des taux d’oxygène par endroits proches de zéro »

Les « zones mortes » sont ces eaux contenant très peu d’oxygène et où la faune marine se fait rare. Le Golfe de Gascogne n’est pas répertorié comme tel, mais « les eaux ne sentent plus l’océan et sont devenues grasses » assurent les associations environnementales. Joint par 20 Minutes, Christian Boireau, ingénieur chimiste et administrateur de la Sepanso, affirme « avoir tous les éléments faisant penser que nous nous rapprochons de cette zone morte, notamment aux niveaux de la côte et de l’estuaire de l’Adour. »

« Quand on discute avec l’université de Pau, on se rend compte qu’il y a des couches très importantes d’une algue, générée par ces polluants, qui empêchent toute vie, analyse encore Christian Boireau. On a des taux d’oxygène par endroits proches de zéro. Parallèlement, on travaille aussi avec les pêcheurs, et ils nous disent que c’est de plus en plus grave. En surface, cela va encore, mais ceux qui travaillent sur du chalutage se rendent compte qu’il n’y a plus rien. La problématique de la chaîne alimentaire est rompue. »

Une « couverture grasse sur la peau » quand on se baigne

Quant à savoir si l’eau du Golfe de Gascogne est impropre à la baignade, « difficile à dire » répond la Sepanso, « puisque ce cocktail chimique n’est toujours pas pris en compte dans la mesure de la qualité des eaux de baignade. »

« Mais quand vous vous baignez, vous avez cette espèce de substance sur la peau, pointe Christian Boireau, comme une couverture grasse, c’est l’effet de ces micropolluants. Et nous sommes arrivés dans un processus qui n’est pas loin de l’irréversibilité. »