EPR de Flamanville : Greenpeace dénonce un «fiasco» au large du chantier de la centrale nucléaire

VERTS DE RAGE Le « Rainbow warrior II » en a aussi profité pour dénoncer la pollution de l’usine de retraitement des déchets nucléaires de La Hague

20 Minutes avec AFP

— 

Greenpeace resté une demi heure devant le chantier de la centrale nucléaire.
Greenpeace resté une demi heure devant le chantier de la centrale nucléaire. — LOU BENOIST / AFP

Le Rainbow Warrior III de l’organisation écologiste Greenpeace s’est rendu au large du Cotentin vendredi pour une action devant le site de la future centrale nucléaire de Flamanville ( Manche) où l’ONG a dénoncé « la pollution des déchets nucléaires » et le « fiasco » du projet d’EPR. Le navire amiral de Greenpeace est arrivé vers midi au large de Flamanville, où il est resté une demi-heure.

Pour Greenpeace, il s’agissait « de rappeler l’échec de la filière nucléaire en France et de l’EPR dont le coût a presque triplé, qui devait démarrer en 2012, qui est maintenant prévu 2022 et qui ne le sera probablement pas », selon Yannick Rousselet, chargé de campagne sur les questions nucléaires pour Greenpeace France. Parti de Cherbourg, le navire avait mené vers 9h une première action devant l’usine de retraitement de déchets nucléaires d’Orano, ex-Areva, à La Hague, « au niveau d’un tuyau d’évacuation de l’usine de retraitement Orano, pour protester contre les rejets en mer de substances radioactives », a annoncé l’ONG dans un communiqué.

Orano se défend

Les militants écologistes ont déployé des bateaux pneumatiques, dans lesquels ils ont tendu des banderoles jaunes où on pouvait lire, « pollution nucléaire » accompagné de flèches pointant vers les eaux, et « déchets nucléaires : ça déborde ». « La filière nucléaire produit des déchets radioactifs en masse, mais ce que l’on sait moins, c’est qu’elle déverse aussi les rebuts de ses activités radioactives et chimiques le long des côtes françaises », a affirmé Yannick Rousselet, cité dans le communiqué.

« Les rejets liquides du site Orano la Hague n’ont pas d’impact sanitaire », a fait valoir Orano. « En 2018, l’impact radiologique de nos rejets liquides est de 0,0023 millisievert soit le millième de la radioactivité naturelle moyenne en France, qui est de 2,9 millisievert par an. Ces rejets sont constitués à près de 85 % d’eaux de pluies collectées sur le site et pour environ 15 %, d’effluents liquides issus du procédé industriel. Ces effluents liquides font l’objet d’un traitement et de contrôles avant rejet », a souligné l’industriel.

Par cette action, Greenpeace voulait dénoncer « une énergie sale, qui contamine aussi les océans », et montrer qu’elle « continue de s’impliquer dans le débat public » après son revers judiciaire le mois dernier face aux filiales d’Orano. Fin juillet, le tribunal de Paris a interdit temporairement à Greenpeace France de s’approcher à moins de 250 mètres des convois de « transport et d’acheminement de matières ou de déchets nucléaires ou radioactifs », de deux filiales d’Orano, jusqu’au 25 septembre.