Mort de Mariam, bébé-star dugong victime des déchets plastiques

THAILANDE Elle avait été retrouvée échouée et séparée de sa mère

G. N. avec AFP

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Mariam, bébé dugong, ici le 24 mai, a succombé à la pollution plastique.
Mariam, bébé dugong, ici le 24 mai, a succombé à la pollution plastique. — SIRACHAI ARUNRUGSTICHAI / AFP

« Fatigué de ces hommes qui ont […], Massacré les baleines, Et bâillonné la vie », chantait Renaud, bien avant de voter François Fillon. Et on ne peut être que d’accord avec lui quand on connaît le triste sort de Mariam, un bébé dugong. Devenue star des réseaux sociaux en Thaïlande, elle est morte dans la nuit de vendredi à samedi d’une infection aggravée par des déchets plastiques trouvés dans son estomac, ont annoncé les autorités samedi.

Le petit animal à la silhouette potelée avait été retrouvé échoué et séparé de sa mère sur une plage en mai, âgé de seulement six mois. Les images des vétérinaires lui donnant le biberon en mer étaient rapidement devenues virales sur les réseaux sociaux.

Des résidus plastiques dans l’intestin

« Mariam est morte juste après minuit suite à un traumatisme et nos efforts pour la sauver ont échoué » a déclaré à l’AFP Chaiyapruk Werawong, le responsable du parc marin de la province de Trang (sud), où l’animal avait été recueilli. Le sud de la Thaïlande, dont les eaux regorgent de plastique, abrite environ 250 vaches marines, une espèce proche des lamantins menacée d’extinction.

Mariam « a succombé à une infection sanguine et dans l’estomac. Nous avons retrouvé des résidus plastiques dans son conduit intestinal » a-t-il ajouté. « L’autopsie a montré que le plastique est la cause de l’obstruction de l’estomac de l’animal » a affirmé Nantarika Chansue, l’une des vétérinaires sur sa page Facebook. « Avec son départ, c’est comme si elle nous implorait de prendre mieux soin d’eux et de sauver son espèce », a-t-elle ajouté.

Les pays d’Asie du Sud-Est, qui comptent parmi les plus gros pollueurs de la planète, se sont engagés à lutter contre la pollution des océans, lors du sommet de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est​ (Asean) à Bangkok fin juin. A eux seuls, cinq pays d’Asie (Chine, Indonésie, Philippines, Vietnam et Thaïlande) sont responsables de plus de la moitié des huit millions de tonnes de plastique rejetées tous les ans dans les océans, selon un rapport de 2017 de l’ONG Ocean Conservancy.