Pollution lumineuse: Les nuisances pour l'homme et la nature augmentent en France

LED ET ÉCLAIRAGE PUBLIC La nuit noire est en voie de disparition dans l’Hexagone, une situation qui affecte la santé humaine tout comme la biodiversité

20 Minutes avec agence

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Paris la nuit.
Paris la nuit. — Remy Gabalda afp.com

Même à la campagne, il devient de plus en plus difficile d’observer les étoiles. Selon une cartographie de la pollution lumineuse établie en 2015, la majeure partie de la France vit sous un ciel nocturne de qualité médiocre, voire moyenne.

Seules les régions montagneuses et zones forestières étendues bénéficient d’une nuit noire. Cette omniprésence de la lumière a des conséquences sur la santé humaine et sur la faune. Dans une étude publiée sur son site Internet, l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturnes (ANPCEN) tire la sonnette d’alarme.

Des villes beaucoup trop éclairées

Dans le viseur de l’association, les diodes électroluminescentes (LED), très répandues dans les logements, appareils et phares de voitures. Elles causent de nombreux troubles parfois graves : troubles de la vision ou du sommeil, perturbation de notre horloge biologique, fatigue visuelle… En se basant sur une récente étude de l’Anses, l’agence attire l’attention sur « les effets toxiques pour la rétine de la lumière bleue » générée par les LED.

D’autre part, l’ANPCEN pointe l’accumulation d’émissions lumineuses dans les agglomérations. Selon Les Echos, la quantité de lumière émise par l’éclairage public nocturne a bondi de 94 % en vingt ans. Un chiffre impressionnant, qui n’inclut pas les nuisances générées par les 3,5 millions d’enseignes lumineuses installées en France.

Pour l’association, il n’est pas nécessaire d’éclairer nos villes en permanence. Les services de police et de gendarmerie « ne constatent pas d’accroissement de problèmes » lors de l’extinction de l’éclairage public d’une commune. En adoptant les bonnes pratiques pour réduire leurs émissions lumineuses, les collectivités pourraient réduire leur facture « entre 25 % et 75 % ». Des économies non négligeables pour les petites communes au budget serré.