Etats-Unis: L'administration Trump affaiblit une loi sur les espèces menacées

PLANETE Le président américain donne la priorité aux infrastructures

20 Minutes avec AFP

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Un loup gris (illustration).
Un loup gris (illustration). — Henry AUSLOOS/SIPA

Après avoir détricoté la loi climat d’Obama, Donald Trump continue sa politique favorisant les entreprises. Lamantins, baleines à bosse, loups gris… De nombreuses espèces menacées sur le territoire américain ont bénéficié depuis les années 1970 d’une loi que le gouvernement du président américain a substantiellement assoupli, dénoncent ses opposants.

L’emblème même du pays, le pygargue à tête blanche, a notamment été sauvé de l’extinction grâce à l’Endangered Species Act de 1973, dont l’assouplissement a été entériné lundi. D’après des sondages, une grande majorité des citoyens américains sont attachés à cette loi faisant référence sur le plan mondial en matière de sauvegarde de l’environnement. Mais l’administration du président républicain Donald Trump a souhaité y apporter des changements significatifs, supprimant une clause accordant automatiquement la même protection aux espèces dites « menacées » qu’aux espèces « en danger d’extinction » immédiat.

Une victoire du lobby des hydrocarbures

« Jusqu’à maintenant, une espèce qui entrait dans la liste des espèces menacées faisait immédiatement l’objet de mesures de protection », a expliqué à l’AFP Kristen Boyles, avocate pour l’ONG Earthjustice. « A présent, elle ne sera pas plus protégée qu’avant son inscription », du moins tant qu’une étude spécifique pour cette espèce n’aura pas été menée, a déploré la spécialiste. La nouvelle version de la loi supprime aussi une phrase stipulant que les considérations économiques ne doivent pas entrer en ligne de compte dans les décisions visant à protéger la faune sauvage.

De nombreuses organisations de défense de l’environnement ont dénoncé ces changements, favorables selon elles aux seuls intérêts des entreprises et qui risquent d’aboutir à une destruction progressive de l’habitat des espèces protégées.

Les entreprises pourront en effet dorénavant construire des routes, des oléoducs, des gazoducs, des mines et autres projets industriels dans des zones désignées comme « habitat essentiel » pour une espèce menacée. « Une mort à petit feu » pour les animaux concernés, estime Kristen Boyles.

Le ministre de l’Intérieur David Bernhardt, ancien représentant du lobby des hydrocarbures, s’est quant à lui réjoui de ces « améliorations », qui vont permettre selon lui « d’affecter plus de ressources là où elles seront le plus utiles : la conservation sur le terrain ».

« Un clou dans notre cercueil »

Les adversaires démocrates de Donald Trump ont vivement critiqué la réforme. « Pendant des décennies, l’Endangered Species Act a protégé de l’extinction notre faune sauvage la plus vulnérable. Voilà maintenant que le président Trump veut s’en débarrasser complètement », a tweeté l’ancien vice-président Joe Biden, favori de la primaire démocrate pour la présidentielle de 2020.

Les procureurs généraux de Californie et du Massachusetts ont eux déjà annoncé qu’ils allaient porter l’affaire en justice. En revenant sur cette loi, « le gouvernement Trump planterait un nouveau clou dans notre cercueil (…) Nous sommes prêts à nous battre pour préserver cette loi importante ; les espèces avec lesquelles nous partageons cette planète, et dont nous dépendons, le méritent bien », affirme ainsi dans un communiqué le procureur californien Xavier Becerra.