Vendée: Comment la ville des Sables-d'Olonne tente de se passer des pailles en plastique

CONSOMMATION Depuis le 1er juillet, une majorité des commerçants de la station balnéaire vendéenne se sont engagés dans une démarche écolo

Julie Urbach

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Aux Sables-d'Olonne, de nombreux bars sont passés aux pailles en carton
Aux Sables-d'Olonne, de nombreux bars sont passés aux pailles en carton — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Quelque 170 bars et restaurants des Sables-d'Olonne tentent, cet été, de ne plus utiliser de pailles en plastique.
  • Un pari plutôt réussi notamment grâce à l'alternative en carton, même si des difficultés sont encore à lever.

Aux Sables-d’Olonne (Vendée)

Les pailles en plastique, ce n’est plus du tout fantastique. A tel point que la ville des Sables-d’Olonne a carrément fait le pari de vite s’en débarrasser. Alors que ces petits tubes colorés (dont semble raffoler Donald Trump) seront interdits en 2021 à l’échelle de l’UE, la station balnéaire vendéenne a pris les devants. Depuis un mois, quelque 170 bars et restaurants, avec l’aide de l’association Tous dans l’même bateau, se sont engagés dans la démarche « Un été sans paille ». L’opération, symbolisée par une tortue à qui l’on braque l’objet du délit sur la tempe, pourrait bien perdurer une fois la saison passée dans la deuxième commune la plus peuplée de Vendée.

Mercredi matin, sur les terrasses ensoleillées du remblai, beaucoup de vacanciers profitent de la vue avec un café. Mais dans la plupart des verres de jus de fruit ou de smoothie que l’on aperçoit, pas grand-chose pour mélanger, rien à mordiller. « Avant, on ne réfléchissait pas, c’était une conso = une paille, explique Jean-Marc, du restaurant Fish and Roll. Désormais, on en donne que quand on nous en réclame. C’est-à-dire trois ou quatre fois par jour, surtout quand il y a des enfants. Autre nouveauté : elles ne sont plus en plastique, mais en carton ! »

Aux Sables-d'Olonne, de nombreux bars sont passés aux pailles en carton
Aux Sables-d'Olonne, de nombreux bars sont passés aux pailles en carton - J. Urbach/ 20 Minutes

Les pailles en carton, pour la transition

Le carton, c’est l’alternative qui semble avoir été choisie par la majorité des bars des Sables-d’Olonne engagés dans l’opération. Au Temps d’une pause, où elles sont distribuées systématiquement, un petit garçon vient de terminer son thé glacé à l’aide de l’une d’entre elles. « Il ne s’est même pas aperçu de la différence, sourit Florence, sa grand-mère. Quant à moi c’est la première fois que j’en utilise une de cette matière. Ça ne m’a pas dérangé du tout, au contraire ! »

Chez les commerçants, beaucoup évoquent un changement d’habitude et un surcoût (les pailles en carton coûtent environ 5 fois plus cher). Autre souci : si elles sont biodégradables, contrairement à leurs sœurs en plastique qui mettraient plus de 400 ans à se décomposer, elles afficheraient un piètre bilan carbone. Et pourraient être néfastes pour la santé. « C’est une solution transitoire, espère François Birchler, président de l’association Tous dans l’même bateau. Grâce à cette démarche collective, l’objectif est de montrer que l’on peut très bien se passer des pailles. Les gens n’en achètent pas chez eux, ils n’ont pas besoin d’en utiliser en vacances ! »

Une paille en carton et une paille en plastique, aux Sables d'Olonne
Une paille en carton et une paille en plastique, aux Sables d'Olonne - J. Urbach/ 20 Minutes

Quid de la vente à emporter ?

En attendant, et alors que certains se laissent timidement tenter par l’inox, voire le verre, quelques difficultés sont encore à lever. Comme celle (et non des moindres !) du mojito, dans lequel la paille en papier a tendance à se désagréger au bout d’un certain temps. Il y a aussi celle les touillettes en plastique, qui accompagnent sirops ou diabolos, aperçues encore en nombre ce mercredi sur les terrasses de certains récalcitrants. Mais le gros point noir reste celui des nombreux vendeurs de glaces et granités à emporter, qui ne semblent pas encore préparés à sauter le pas.

« Entre les gobelets, les pailles, les pots, les petites cuillères, pour nous c’est très compliqué, assume la gérante de l’un de ses établissements, qui « a encore du stock à écouler ». Sinon, il faudrait que les clients ramènent leurs propres contenants mais eux non plus ne sont pas prêts. Mis à part deux exceptions, ils me demandent tous des pailles… Même avec leurs cannettes ! »