Protection des animaux: L'autorisation de la chasse d'un oiseau menacé suscite la colère des écolos

CUICUI Seuls 6.000 de ces oiseaux pourront être tués, mais le chiffre est suffisant pour indigner les protecteurs des oiseaux

J.-L. D. avec AFP

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Un Courlis cendré
Un Courlis cendré — Pixabay

Deux arrêtés sur la chasse aux oiseaux sont parus ce vendredi au Journal officiel, dont l’un mécontente les défenseurs des animaux : ce texte autorise dans certaines proportions la chasse d’une espèce menacée, le courlis cendré.

La chasse à ce petit échassier est ouverte à partir de samedi « sur le domaine public maritime des départements côtiers de la façade maritime de l’Atlantique, de la Manche et de la mer du Nord », selon l’arrêté paru au JO.

Pas plus de 6.000 courlis cendré tués

Sur le reste du territoire, le courlis cendré pourra être chassé à partir du 15 septembre. Le texte instaure une limite : au-delà de 6.000 courlis cendrés tués, cette espèce ne pourra plus être chassée pendant la saison.

« C’est invraisemblable, révoltant, cet oiseau est en danger et il n’y a plus un seul pays européen qui le chasse », a affirmé le directeur général de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Yves Verilhac. Selon lui, le gouvernement a pris cette décision pour satisfaire « le lobby des chasseurs ».

La chasse de la barge à queue noire suspendue jusqu’à mi-2020

Un comité d’experts mis en place par le gouvernement, le Cega (Comité d’experts sur la gestion adaptative), recommandait de suspendre la chasse au courlis cendré. En France l’espèce est classée « vulnérable » pour les effectifs nicheurs et en « préoccupation mineure » pour les hivernants sur la liste rouge de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), rappelle le ministère de la Transition écologique.

A l’inverse, un deuxième arrêté prolonge la suspension de la chasse d’une autre espèce, la barge à queue noire, jusqu’au 30 juillet 2020. « Nous aurions préféré que ce moratoire soit prolongé pour 3, voire 5 ans plutôt qu’un an, mais nous ne boudons pas notre plaisir, car c’est la seule bonne nouvelle », a commenté Yves Verilhac.

La protection de la tourterelle des bois renforcée

Un troisième arrêté est en préparation, qui concerne la tourterelle des bois, classée « vulnérable » par l’UICN. Le comité d’experts préconise de ne plus la chasser, ou au pire, de tuer 1,3 % des effectifs estimés en France. Le projet d’arrêté prévoit 30.000 prélèvements pour la saison 2019-2020.

Selon le ministère de la Transition écologique, cet arrêté est attendu d’ici quelques semaines. Fin juillet, après une plainte de la LPO, la Commission européenne a sommé la France et l'Espagne de renforcer la protection de la tourterelle des bois.

Une réforme de la chasse pour de la gestion adaptative

L’an dernier, le gouvernement, accusé notamment par le ministre démissionnaire Nicolas Hulot de favoriser le lobby des chasseurs, avait présenté une réforme de la chasse divisant le prix du permis national par deux et mettant en place la « gestion adaptative », pour remplacer la liste figée d’espèces chassables.

Le courlis cendré, la barge à queue noire et la tourterelle des bois sont les trois premiers oiseaux dont le cas est examiné dans le cadre de ce dispositif.