Mayotte: Le volcan sous-marin découvert en mai continue de grossir

GEOLOGIE Les scientifiques ont constaté une nouvelle coulée de lave au cours d’une quatrième mission sur l’évolution du volcan

20 Minutes avec agences
— 
L'île de Mayotte (photo d'illustration) .
L'île de Mayotte (photo d'illustration) . — Sophie LAUTIER / AFP

Le volcan sous-marin découvert en mai dernier au large de Mayotte continue de grossir et une nouvelle coulée de lave a été détectée, ont expliqué ce mercredi des scientifiques.

Ce volcan avait été repéré lors d’une première opération en mer, coordonnée par le Centre national français de la recherche scientifique (CNRS) après l’apparition d’un phénomène de séismes en essaim à Mayotte. A l’issue d’une quatrième mission, les experts ont constaté une nouvelle coulée de lave, après une première découverte en juin dernier. Elle « atteint une épaisseur de 150 m », a expliqué Nathalie Feuillet, physicienne à l’Institut physique du globe de Paris.

Pas d’évolution au niveau de la sismicité

Les scientifiques précisent que le volcan continue de grossir. « Il a changé un peu, il s’est empâté, élargi, mais n’a pas grandi », a précisé Isabelle Thinon, géophysicienne au BRGM, à Mayotte La 1ere. Ils ont également constaté que les panaches de fluides volcaniques observés aux mois de mai et juin au sommet du volcan avaient disparu. Mais d’autres sont apparus au-dessus de la nouvelle coulée.

Nathalie Feuillet a expliqué également qu’il n’y a pas eu d’évolution au niveau de la sismicité, dont l’intensité a diminué ces derniers mois. Selon elle, il est possible d’avoir des coulées de laves sans séismes. « Souvent, quand le magma a trouvé son chemin, ce qui est le cas pour notre nouveau volcan, il n’y a pas du coup de sismicité sous le volcan. Le magma continue de couler tranquillement, il suit son chemin et ça ne fracture pas la roche », a-t-elle expliqué.

Mayotte s’enfonce

Elle a par ailleurs confirmé que Mayotte continuait à s’enfoncer et se déplacer. « On a le vidage d’un réservoir et en même temps du magma qui sort à la surface. C’est comme si on appuyait sur un tube de dentifrice en profondeur, la lave sort. Il faut assurer la surveillance de cette zone. Ça va peut-être s’arrêter demain ou ça va continuer, on ne sait pas ».

« On ne peut pas dans l’état actuel établir des scénarios d’évolution de la crise. (…) On surveille les déformations, la sismicité, les sorties de gaz et la morphologie des édifices », a-t-elle ajouté.