Loire-Atlantique: Nouvelle mobilisation samedi contre le projet de surf park à Saint-Père-en-Retz

ENVIRONNEMENT Les opposants veulent occuper le site prévu pour accueilir un complexe de vagues artificielles, à 10 km de l'océan

F.B. avec AFP

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Un site de vagues artificielles pour le surf près de Milan (Italie).
Un site de vagues artificielles pour le surf près de Milan (Italie). — M.Medina/AFP
  • Les opposants au projet de surf park appellent à une nouvelle mobilisation samedi à Saint-Père-en-Retz (Loire-Atlantique).
  • Ils veulent installer une sorte de ZAD pour défendre les terres agricoles menacées par le projet.
  • Le surf camp prévoit un immense bassin d'eau en circuit fermé. Il serait destiné aux surfeurs confirmés et débutants.

Ils jugent le projet « absurde » et n’entendent rien lâcher. Un nouveau rassemblement est prévu à Saint-Père-en-Retz (Loire-Atlantique), samedi à 14h30, pour contester le projet de surf park prévu sur la commune, à environ 10 km du littoral. Samedi dernier, une première mobilisation avait tourné court. Confrontés à la présence de gendarmes et d’un groupe d’agriculteurs hostiles, les opposants avaient dû rapidement quitter le site, propriété de Nouvelle Vague,

Le collectif Terres communes dénonce le « sacrifice de huit hectares de terres agricoles ». Il reproche aussi au futur site de consommer « à la fois beaucoup d’énergie et des millions de litres d’eau par an dans un contexte de sécheresse et de restriction hydrique ». Ses militants prévoient d’occuper les lieux jusqu’à l’arrêt du projet. Ils revendiquent l’installation d’une ZAP pour « Zone à Protéger » ou « Zone d’Autonomie Paysanne », un terme préféré à celui de  ZAD, comme celle de Notre-Dames-des-Landes.

La communauté de communes soutient le projet

Baptisé « La Bergerie surf camp », le projet prévoit d’accueillir en 2022 des sportifs et des scolaires dans un bassin de 11.000 m3 d’eau « en circuit fermé ». « Depuis le début on suit les règles », se défend Thibaut Coutansais, coporteur du projet, estimant que « ce n’est pas du greenwashing ». Quatre hectares seront dédiés aux aménagements paysagers ou à l’écopâturage, assure-t-il. « Le bassin fait 17.000 m2, les bâtiments 1.000 m2 et après on mutualise les parkings. Tout le reste c’est de l’aménagement paysager », ajoute-t-il, réfutant « l’argument d’une bétonisation des terres agricoles ».

Pour les besoins du futur surf park, la communauté de communes a déclassé les huit hectares concernés, auparavant classés « espace agricole pérenne ». Mais elle a, en compensation, reclassé douze autres hectares comme terres agricoles, assure Nouvelle Vague. La commune de Saint-Père-en-Retz et une majorité d’administrés continuent à soutenir le projet, y voyant l’occasion de développer les emplois.

La volte-face du président du département

« Ce projet n’a pas de sens : comment peut-on construire un parc pour faire du surf artificiel à 10 km de la mer alors que nous sommes face à l’urgence foncière ? », avait tonné en juin Philippe Grosvalet, président (PS) du département de Loire-Atlantique. Il avait pourtant émis un avis favorable, mais prône désormais « une rupture franche avec le modèle d’aménagement utilisé », qui a conduit à une artificialisation des sols galopante.

Après une enquête publique fin 2018, Nouvelle vague a annoncé une réunion d’information d’ici à début 2020, après la remise de tous les rapports environnementaux et avant la délivrance du permis de construire.