La route solaire dans l'Orne est un «échec» en termes de production d'électricité

CLIMAT Le conseil départemental de l’Orne a estimé mercredi qu’il s’agissait d’un « échec » en termes de production d’énergie.

20 Minutes avec AFP

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Route solaire.
Route solaire. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Le conseil départemental de l'Orne, où a été implantée en 2016 une « route solaire » longue d’un kilomètre sur une départementale, a estimé mercredi à l’AFP qu’il s’agissait d’un « échec » en termes de production d’énergie. « Au fil du temps, on s’est rendu compte que sur un plan économique, financier, en termes de production d' électricité, c’était un échec », a déclaré Alain Pelleray, directeur de cabinet du président du conseil départemental.

Selon lui, de décembre 2016 à mars 2019, il y a eu une production de 229 MWh, alors que la production prévisionnelle tablait sur 642 MWh. « Concrètement, on comptait récupérer, de 2017 à début 2019, 22.000 euros et on en a récupéré 8.000 pour la vente d’électricité à EDF », a-t-il ajouté.

La route « va être déconstruite » d’ici la fin de l’année

En décembre 2016, Ségolène Royal, alors ministre de l’Environnement, avait inauguré devant de nombreuses caméras la première route solaire au monde à Tourouvre, village de 1.500 habitants dans le Perche, financée par l’État (5 millions d’euros hors taxe). Ségolène Royal avait également annoncé un déploiement national de cette technologie.

Mais, les panneaux solaires collés, sur lesquels les voitures roulent, « faisaient du bruit » et ont été sujets à une « usure rapide », ce qui a entraîné une limitation de la vitesse à 70 km/h sur la chaussée, a expliqué Alain Pelleray. Ainsi, la route « va être déconstruite » d’ici la fin de l’année et la société Colas (filiale du groupe Bouygues) va remettre « des panneaux de nouvelle génération qui, paraît-il, doivent fonctionner dans de meilleures conditions », cette fois-ci sur une portion réduite, longue de 400 m.

Ségolène Royal se défend de tout « fiasco »

« On n’a aucun regret, le département n’a engagé aucune dépense et nous sommes dans de la recherche appliquée. Et, en termes de notoriété, c’est bingo, on a des Coréens, des Chinois qui viennent, touristes et industriels », a plaidé le directeur de cabinet.

A la suite d'un article du Monde daté du 23 juillet qui qualifie la route de « fiasco », Ségolène Royal s’est défendue sur Twitter. « Encouragez les entreprises qui innovent avec courage au lieu de les dénigrer. Comme pour toutes les inventions, il faut un prototype qui est fait pour tester et pour trouver des améliorations. D’autant que des parkings solaires fonctionnent bien. Parlez de toutes les réussites », a écrit l’ancienne ministre.