Canicule: Glaçons, douches, bains d'argile... Comment les zoos protègent les animaux sensibles

CHALEUR Les zoos cherchent des parades pour rafraîchir les animaux. Exemple à Planète Sauvage, près de Nantes

Frédéric Brenon
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Des guépards se rafraîchissant avec un glaçon à la viande.
Des guépards se rafraîchissant avec un glaçon à la viande. — Planète Sauvage
  • Tous les animaux, même les espèces originaires des pays africains ou tropicaux, sont sensibles à la canicule.
  • La plupart reçoivent des glaçons et des douches au jet.
  • A Planète Sauvage, le pensionnaire le plus fragile est Sana, doyen mondial des rhinocéros.

Il n’y a pas que les humains qui souffrent de la canicule. Les animaux, notamment les espèces sensibles des parcs animaliers, subissent eux aussi la chaleur actuelle. Comment font donc les zoos pour faire face ? Illustration à Planète Sauvage, près de Nantes, l’un des principaux parcs français avec 250 espèces réparties sur 85 ha.

Ici, tous les animaux sont nés en captivité dans un zoo en Europe. Donc même les espèces originaires d’Afrique (lions, antilopes, girafes, hippopotames…) ou de pays tropicaux (tigres, singes, kangourous…) n’apprécient pas particulièrement les températures élevées. « Nos animaux réagissent différemment, bien sûr, mais tous sont adaptés à notre climat européen », confirme Vincent Lantheaume, chef animalier du parc.

« Les glaçons, ils adorent ça ! »

Premier réflexe pour les rafraîchir : adapter l’alimentation. « On leur donne des glaçons afin qu’ils s’hydratent davantage. Ils adorent ça ! C’est comme une glace pour les humains. » Selon le régime de l’animal, les soigneurs distribuent donc des glaçons à la viande, au sang, au poisson, aux fruits et légumes, aux insectes… Quelques smoothies pour les frugivores également.

Deuxième réflexe : mettre à l’abri les animaux aux heures chaudes. Les éléphants, les rhinocéros, les coatis, les perroquets ont ainsi été mis au frais dans des bâtiments. « Ils ressortiront plus tard dans la journée quand les températures seront un peu descendues. » Certains pensionnaires, comme les herbivores et les primates, ont même l’autorisation de gambader toute la nuit, alors qu’ils dorment habituellement en intérieur.

Pour d’autres, les soigneurs offrent des douches exceptionnelles au jet. Des brumisateurs ont même été installés pour les saïmiris (singes-écureuils). Quant aux pensionnaires disposant de plans d’eau, comme les loutres ou les ours, ils y « passent beaucoup de temps en ce moment ».

Aux petits soins pour les rhinos et le tapir

Mais à Planète Sauvage, les plus surveillés en ce moment sont sûrement Jumbo et Sana, un couple de rhinocéros blancs. Le premier est âgé de 45 ans, la seconde a 55 ans, ce qui en fait la doyenne mondiale des rhinos en captivité. « Sana, clairement, elle ne tiendrait pas trois jours à plus de 40°C. En raison de son âge, on doit être encore plus vigilant. »

Sa peau étant extrêmement sensible, elle reçoit en ce moment des bains d’argile pour la soulager. « Elle devrait se rouler dans la boue mais elle y parvient de plus en plus difficilement », justifie Vincent Lantheaume. Agé lui aussi, Nino, le tapir mâle, bénéficie même d’un massage à la pommade pour protéger sa peau de 21 ans qui souffre du soleil.

Des mécanismes naturels pour se rafraîchir

Qu’on se rassure toutefois, les animaux ont davantage de mécanismes naturels que les humains pour se rafraîchir. « Les oiseaux régulent leur température en déployant leurs ailes, les éléphants le font avec leurs oreilles. Les hippopotames secrètent une substance rouge qui fait office de crème solaire. Certains mammifères perdent leurs poils », décrit le chef animalier de Planète Sauvage.

Globalement, les animaux sont même « plus sensibles au grand froid qu’à la chaleur, poursuit Vincent Lantheaume. L’hiver est la période la plus compliquée pour nous. La meilleure parade est alors de les rentrer au chaud. »