Vacances écolo: «Je ne prends plus l'avion depuis deux ans pour préserver la planète»

VOUS TEMOIGNEZ Comme beaucoup d’autres, ils ont fait une croix sur les voyages aériens pour réduire leur empreinte carbone

Pierre Cloix

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Pour certains d'entre-vous, l'avion, c'est fini
Pour certains d'entre-vous, l'avion, c'est fini — Illustration/Pixabay

Trop, c’est trop. Vous avez retourné la question sous toutes ses coutures avant de vous rendre à l’évidence : Continuer à prendre l’avion n’est plus compatible avec vos convictions écologiques. Vous avez ainsi décidé de réduire drastiquement vos voyages par les airs, voire de les stopper complètement.

Dans les témoignages que vous nous avez envoyés, c’est ce sentiment d’être arrivé au bout d’une certaine forme de contradiction qui ressort principalement. C’est le cas de Clem : « Je suis une baroudeuse dans l’âme : j’ai pris énormément l’avion dans ma courte vie. Mais j’ai pris conscience que les vols aériens sont extrêmement coûteux en émissions, et qu’en tant qu’Occidentale, ce mode de consommation impacte énormément mon bilan carbone. J’ai donc décidé de limiter au maximum l’avion, afin d’être en adéquation avec mes engagements (manger moins de viande, économiser l’électricité, etc.) et mes convictions. Les gestes individuels sont aussi importants que les décisions politiques. »

Nathalie, une autre internaute est, quant à elle, allée un peu plus loin : « Je ne prends plus du tout l’avion depuis 2017. Je pense qu’il en va de la responsabilité individuelle de chacun mais je ne crois pas en un changement sans la mise en place d’une taxe ou d’un impôt à l’encontre des citoyens qui utilisent l’avion plus d’une fois par an, en particulier ceux qui l’utilisent à des fins touristiques et non pas professionnelles. »

Trouver le bon compromis

En attendant une pénalisation hypothétique des voyageurs trop gourmands en carbone, certains ont décidé d’aller vers la voie du compromis. « Je suis écolo et à la fois passionnée de voyages… Dur de me passer de ma passion, je tente de compenser mes différents vols en avion par le fait d’être végétarienne, explique Mathilde. Je limite au maximum mon utilisation de plastiques et objets à usages uniques, je recycle, je composte, je me déplace essentiellement en transports en commun et vélo tout au long de l’année… En espérant que mes efforts compensent au mieux mon addiction ! »

Alexandre est dans le même cas : « J’ai parcouru un peu plus de 160.000 kilomètres en avion. Plus de quatre tours du monde. Je fais partie de cette génération Ryanair où l’avion est devenu moins cher que le train et que la voiture. Quand pour un aller et retour Bruxelles-Rome, vous payez 35 euros c’est très compliqué de résister, de même pour les vols nationaux… Malgré tout dès l’année prochaine, je compte diviser par deux mon nombre de vols. Même si l’avion pose problème d’un point de vue écologique, j’essaie de compenser au maximum ces émissions en ayant réduit de 75 % mon gaspillage alimentaire, en ne prenant pas la voiture, en consommant local… »

Pas tous convaincus

« Quand la famille vit à la Réunion, il n’y a pas d’autre option que de prendre l’avion, déplore Marie. Voyager en famille par les airs est juste moins cher qu’en voiture. Dans tous les cas, on se soucie plus de son porte-monnaie que de l’écologie. » Gabriel, lui, est plus catégorique : « De toute façon, décider de ne plus prendre l’avion afin de réduire son empreinte carbone ne sert absolument à rien pour la simple et légitime raison qu’avec ou sans moi, l’avion partira de toute façon ! »

Alors, faut-il faire une croix sur le dépaysement et « l’aventure » pour être en accord avec ses convictions écologiques ? Pas nécessairement selon Philippe, qui y voit de nouvelles opportunités : « Cet été pour les vacances nous allons nous contenter de visites dans un rayon de 300 kilomètres autour de notre lieu d’habitation, cela laisse largement de quoi faire et beaucoup à découvrir. L’insolite n’est pas forcément loin. »

 

A partir de 2020, la France va mettre en place une écotaxe de 1,50 à 18 euros sur les billets d’avion de tous les vols au départ du pays. Pour ce qui est de la taxation du kérosène, une courte majorité des Français y est favorable à l’échelle nationale (54 %) et européenne (57 %), selon une étude YouGov.