Eure: Naissance de sept bébés crocodiles d'une espèce menacée

ANIMAUX Le « faux gavial d’Afrique de l’ouest » est classé en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)

20 Minutes avec agences

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Crocodile, illustration.
Crocodile, illustration. — Jonathan Hordle / Rex F/REX/SIPA

Il en resterait moins de 300 à l’état sauvage. Sept bébés crocodiles d’une espèce menacée, le « faux gavial d’Afrique de l’ouest », sont nés mi-juin dans un parc zoologique du Val de Reuil ( Eure). « Ils mesurent 20 à 25 cm de long, alors qu’un beau mâle adulte peut mesurer 4 mètres de long pour 250 kg », a expliqué ce jeudi François Huyghe, vétérinaire et directeur de Biotropica.

Tacheté et pourvu d’un très long museau adapté à son régime piscivore, cet animal est classé en danger critique d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Selon Biotropica, 25 de ces crocodiles se trouvent dans les zoos européens, une vingtaine aux Etats-Unis et « quelques-uns » au zoo d’Abidjan (Côte d’Ivoire) qui fait aussi de la reproduction.

« Au bout de 32 secondes, ils s’accouplaient »

« Nous sommes les seuls à les reproduire en Europe depuis quinze ans. Nous avions eu deux naissances en 2015 », indique François Huyghe. Les parents, Leïla et Léon, la quarantaine, sont tous deux issus du trafic animalier. « Léon a été découvert bébé dans le manteau d’un bonhomme qui descendait d’un avion du Togo en Suisse. Et depuis, il n’y a plus de crocodile de cette espèce au Togo », ajoute le vétérinaire.

Le couple s’est connu à Noël 2017. « Ils étaient séparés par une barrière. Ils se sont sentis pendant plus d’un an et lorsqu’on les a réunis en février 2019, au bout de 32 secondes, ils s’accouplaient », raconte François Huyghe. « En une seule ponte, il y a eu une vingtaine d’œufs dont sept fécondés ». Ces derniers ont ensuite été placés en couveuse pendant 92 à 99 jours.

Certains seront donnés à d’autres parcs

Dans les dix ans qui viennent, le zoo espère de nouveaux petits de la femelle, qui « n’avait jamais vu de mâle » auparavant. Biotropica compte garder deux ou trois de ces bébés à terme, après avoir donné les autres à d’autres zoos. Les premiers devraient partir dans le courant de l’été à Pierrelatte (Drôme).

Les autres attendront d’avoir atteint la taille d’un mètre avant de déménager. « Ils sont gratuits. On ne peut pas être contre le trafic animalier et définir une notion de valeur marchande pour les animaux », précise le vétérinaire.