La canicule précoce, c'est en grande partie notre faute selon les scientifiques (et le pire est devant nous)

CLIMAT Une équipe de scientifiques européens s’est penchée sur la canicule exceptionnelle de fin juin. Leurs conclusions sur la responsabilité de l’homme dans le phénomène font froid dans le dos

Helene Menal

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Un tournesol brûlé par le soleil. Illustration.
Un tournesol brûlé par le soleil. Illustration. — Vlado Kos - Sipa
  • Des climatologues européens ont démontré la responsabilité des activités humaines dans la canicule précoce de fin juin.
  • Ils prévoient une accélération de la fréquence de ces épisodes extrêmes.
  • Les canicules à venir seront encore plus intenses.

Entre le record absolu de température – 45,9°C – battu dans le Gard et les examens annulés, la canicule exceptionnellement précoce de la fin du mois de juin devrait théoriquement rester dans les annales. Mais pas si longtemps que ça puisque, selon une étude menée par une équipe de climatologues européens, il y aura fatalement d’autres épisodes tout aussi précoces.

Les chercheurs, parmi lesquels ceux du Centre national de recherches météorologiques de Toulouse (CNRM, CNRS/Météo-France), ont pris les trois jours les plus torrides de fin juin et fait chauffer leurs ordinateurs. « Nous avons utilisé les simulations de 26 modèles climatiques différents, détaille Yoann Robin du CNRM, en regardant les chances qu’un tel événement se produise dans le monde factuel mais aussi dans un monde contre factuel où l’humanité n’aurait jamais existé ». Un monde de science-fiction, sans gaz à effet de serre, ou seulement ceux qui sortent des cratères de volcans réveillés.

Bilan des opérations, « la contribution anthropique », autrement dit l’activité humaine, a multiplié au moins par cinq les « chances » que cette canicule se produise. « Dans l’hypothèse basse, la part de la responsabilité de l’homme dans sa survenue est de 45 % », ajoute le chercheur toulousain.

1,2°C de plus…

De quoi donner des sueurs froides aux climatosceptiques. D’autant que l’étude va plus loin. « D’après nos modèles, si on continue à réchauffer la planète comme on le fait, la fréquence de ce type de canicule précoce va augmenter au cours des vingt prochaines années », assure Yoann Robin. En 2040, le facteur d’occurrence sera encore multiplié par quatre.

Et non contente de revenir plus souvent, ue canicule ayant la même occurence que celle de juin 2019 serait plus chaude : d’1,2°C selon le modèle médian, peut-être de 2°C selon la pire prévision de l'étude. Voilà qui promet de mettre les élus en ébullition car ils vont devoir durablement adapter le milieu urbain à ces déferlantes de chaleur.