Un moustique espion capable de prélever votre ADN? Gare à l'intox

FAKE OFF Une photo virale prétend montrer un moustique espion en cours de production, capable de prélever l'échantillon ADN de ses cibles

Alexis Orsini

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Le photomontage conceptuel d'un moustique espion.
Le photomontage conceptuel d'un moustique espion. — capture d'écran/Facebook
  • Un faux moustique conçu par l'homme pourrait-il bientôt vous piquer pour prélever votre ADN?
  • C'est ce qu'affirme un post Facebook viral, illustré d'une photo d'une telle invention, prétendument en cours de production.
  • Il s'agit en réalité d'un photomontage vieux de plusieurs années, qui fantasme un tel scénario en se basant notamment sur les recherches scientifiques autour de drones miniatures inspirés d'insectes.

Et si, dans un futur proche, les moustiques représentaient une menace pour votre vie privée plutôt que pour votre sang ?

Photo d’une telle invention artificielle à l’appui, plusieurs posts Facebook avertissent les internautes sur les dangers de ces faux insectes, qui seraient conçus à des fins inquiétantes : « Ce n’est pas un insecte, c’est un "INSECT SPY DRONE 5G" déjà en production. Il peut être contrôlé depuis une grande distance et il est équipé d’une caméra et d’un microphone. Il peut atterrir sur n’importe qui et utiliser une aiguille pour prélever un échantillon d’ADN, un peu comme si c’était un moustique. Il peut aussi injecter sous la peau un dispostif RFID de pistage. »

Si certains scientifiques travaillent bien depuis plusieurs années à la création de drones miniatures, une telle menace n’est heureusement pas à l’ordre du jour.
 

FAKE OFF

Le cliché devenu viral est un simple photomontage, publié dès 2012 sur un forum américain dédié à la biologie par un utilisateur admettant ouvertement qu’il s’agit d’un « faux » - illustrant ce scénario d’espionnage inquiétant, qui a depuis été repris régulièrement par d’autres internautes. Ce faux moustique, purement conceptuel, n’est donc pas en cours de production.

En revanche, les drones miniatures font bien l’objet d’un développement scientifique, en vue notamment de les utiliser pour récolter des infos dans des zones inaccessibles à l’homme. La démonstration du Smartbird, un robot volant en forme d'oiseau développé par Festo avait notamment marqué les esprits. Une équipe de Berkeley planchait aussi, au début des années 2000, sur un robot miniature doté d’ailes semblables à celles d’une mouche.

Les scientifiques s’accordent toutefois sur la difficulté de miniaturiser des équipements aussi complexes, comme le soulignait Snopes récemment.