VIDEO. Lyon: Puces, tiques, poux… Et si on changeait de regard sur ces bestioles qui nous parasitent?

EXPOSITION Les petites bêtes qui vivent sur nous et chez nous sont les stars d'une exposition présentée au musée des Confluences à Lyon

Elisa Frisullo

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Lyon: Puce, tique, pou... Un autre regard sur ces parasites proposé au musée des Confluences — 20 Minutes
  • Le musée des Confluences consacre une exposition aux Mini-monstres invisibles qui peuplent notre corps et nos maisons.
  • Un parcours spécialement imaginé pour les enfants afin de leur donner un autre regard sur ces parasites aux super-pouvoirs, indispensables à notre écosystème.

L’entrée dans la salle d’expo se fait par une jungle de cheveux dans laquelle sont dissimulés des poux. Nous voilà dans le vif du sujet, prêts à découvrir les moindres secrets des tiques, puces ou punaises de lit qui parasitent notre peau ou notre maison. Des bestioles, invisibles à l’œil nu pour certaines, passées au peigne fin dans le cadre de l’exposition  Mini-monstres, les invisibles, présentée jusqu’à mai 2020 au musée des Confluences à Lyon.

Un parcours spécialement conçu pour les enfants (7-12 ans dans l’idéal) afin de leur donner une autre vison de ces bébêtes, très souvent détestées et diabolisées par les adultes. « Ces bestioles nous dégoûtent, nous avons un a priori très négatif. Toute l’exposition a été conçue pour changer le regard de l’enfant qui entend parler essentiellement des ennuis provoqués par ces parasites », souligne Cécilia Frégonara, chargée de projets d’exposition au musée.

Et pourtant, ces parasites regorgent de super-pouvoirs. Des caractéristiques développées tout au long du parcours à taille d’enfant, où chacun découvre pourquoi ils aiment vivre sur nous ou dans notre logis, et comment ils sont devenus ultrarésistants. Par exemple : le pou, adepte des tignasses en tout genre, ne saute pas contrairement aux idées reçues. Mais il nage, marche et passe d’une tête à une autre grâce à des pinces surpuissantes. Cela explique notamment qu’il soit si difficile à enlever et que le peigne soit l’outil le plus efficace pour les déloger.

Un moustique tel que peut le découvrir le public au musée des Confluences.
Un moustique tel que peut le découvrir le public au musée des Confluences. - Thierry Berrod/ Mona Lisa production

 

Des parasites qui prolifèrent

Sa carapace est faite de membranes imperméables qui le protègent des agressions extérieures. Il peut vivre en apnée sur ses réserves d’oxygène. On comprend mieux pourquoi il est devenu résistant aux insecticides. De son côté « La puce raffole de chaleur et d’humidité. On constitue pour elle un abri idéal », ajoute notre guide d’un jour.

En parcourant l’expo, ponctuée d’ateliers ludiques, d’images et de vidéos d’insectes, grossis au microscope des dizaines de milliers de fois, le public apprend le rôle essentiel joué par ces parasites dans l’environnement. « Ces bestioles sont bénéfiques pour notre écosystème. Mais cet équilibre est rompu, on est envahi depuis des décennies. Et ce sont les humains qui sont responsables de cela », ajoute Cécilia Frégonara.

Avec les transports, certaines espèces comme le moustique tigre, ont migré. Nos appartements, surchauffés et mal aérés, ont favorisé leur prolifération. Le réchauffement climatique a fait migrer de multiples espèces du sud au nord. « Et les produits chimiques les ont rendues plus fortes. Sur les poux, les punaises de lit ou les moustiques, les insecticides ne sont plus efficaces. Au contraire, cela a rendu ces bestioles plus fortes », souligne la chargée de projet.

Un constat sans espoir ? Non, rassurez-vous. Des petits gestes, que nous vous laisserons découvrir pour ne pas (trop) spoiler l’expo, sont distillés au cours du parcours pour nous apprendre à nous préserver sans les éliminer. Car c’est l’un des messages de l’expo. « Ces bestioles sont essentielles à notre écosystème, à la pollinisation, à la biodiversité. Sans les larves de moustiques par exemple pour nettoyer l’eau des rivières ou les mouches qui pollinisent encore plus que les abeilles, notre monde serait invivable », souligne Cécile Fregonara.

Un message qui semble être passé auprès du jeune public croisé ce jour-là. Si plusieurs adultes (dont nous faisions partie) se grattaient frénétiquement la peau et le cuir chevelu à la vue de certains clichés, les plus petits, hormis quelques cris stridents, semblaient fascinés. Simon, venu avec sa classe, est reparti du musée subjugué par les talents de la puce, capable « avec ses super pattes, de sauter très loin » et de tirer « des choses 400 plus lourdes qu’elle ».