VIDEO. Marseille: Fin de la circulation différenciée, une première expérience en demi-teinte

POLLUTION La circulation différenciée a été levée à Marseille, après quinze jours de mise en place « pédagogique », et avant un éventuel retour plus coercitif

Mathilde Ceilles

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Une vignette Crit'Air.
Une vignette Crit'Air. — O.Aballain / 20 Minutes
  • La circulation différenciée a été mise en place pendant quinze jours à Marseille. 
  • Près 270.000 demandes de vignettes Crit'Air ont été formulées dans les Bouches-du-Rhône.
  • Mais difficile de dire si cette mesure, qui n'a pas fait l'objet de contraventions, a été efficace pour faire baisser le niveau de pollution.

Les Marseillais et leurs poumons peuvent remercier la météo. A en croire Dominique Robin, président d’Atmosud, les nuages qui ont partiellement couvert ce lundi matin le ciel phocéen ont eu un mérite : celui de faire disparaître le pic de pollution à l’ozone qui sévit dans la région depuis près de deux semaines. Un épisode « d’une ampleur exceptionnelle », qui avait poussé les autorités à employer les grands moyens, en mettant en place, pour la première fois, la circulation différenciée.

Dans un périmètre englobant le centre de Marseille, seuls les véhicules dotés des vignettes Crit’air 1 à 3 étaient, en théorie, autorisés à circuler. Près de 270.000 demandes de vignettes Crit’Air ont été faites dans le département, dont 160.000 depuis le 14 juin, selon le préfet des Bouches-du-Rhône Pierre Dartout.

Circulation comparable

Mais difficile aujourd’hui d’affirmer que cette nouvelle mesure a été efficace, du propre aveu des autorités, dans une ville où les transports en commun sont à la traîne et le parc automobile vieillissant. « Il ne faut pas être pessimiste, estime Pierre Dartout. C’est une démarche à moyen ou long terme. Il y a trente ans, le principal facteur de pollution était l’industrie. Des investissements ont été faits, et on est arrivé à baisser cet impact. »

« La circulation différenciée a un effet théorique, explique Dominique Robin. Les statistiques nationales montrent que les véhicules les plus anciens, responsables de 20% d’émission d’oxyde d’azote, représentent 10% du parc automobile. Le premier jour de mise en oeuvre de la circulation différenciée à Marseille, sur les grands axes, selon nos relevés, la circulation était relativement comparable à d’habitude. Mais, qualitativement, dans le centre-ville, la circulation était un peu moins forte, et on a relevé sur nos capteurs un impact, sans qu’on puisse vous donner de chiffres… »

5.000 flyers… avant des contraventions

« Les autres jours durant lesquels la circulation différenciée était mise en place, chacun a repris ses habitudes, ajoute Dominique Robin. C’est la limite de l’approche pédagogique… » Pour cette première expérience, longue de deux semaines, le préfet avait en effet donné la consigne de ne verbaliser aucun automobiliste. A la place, le millier de policiers et gendarmes a distribué « plus de 5.000 flyers », selon le préfet de police Olivier de Mazières. Seul le non respect de l’abaissement des 20 km/heure a fait l’objet de contrôles, et 1.354 infractions ont été relevées.

« Pour le prochain épisode, il faudra changer de nature, il faudra un système plus coercitif », a expliqué Pierre Dartout, le préfet de région Provence-Alpes-Côte d’Azur. « On passera à une phase plus répressive », a confirmé Olivier de Mazières, le préfet de police des Bouches-du-Rhône, estimant que « le message a été passé ». Reste à attendre donc le prochain pic de pollution, et son potentiel lot de contraventions… Pour rappel, les conducteurs ne respectant pas la circulation différenciée risquent une amende de 68 euros pour les véhicules légers et de 135 euros pour les poids lourds.