Bordeaux: Une (immense) centrale photovoltaïque sur une ancienne décharge

SECONDE VIE Le producteur d’énergie Jpee va lancer dans les prochains jours les travaux de construction de la plus grande centrale photovoltaïque de France sur une ancienne décharge

Mickaël Bosredon

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La centrale photovoltaïque de Bordeaux-Lac
La centrale photovoltaïque de Bordeaux-Lac — S.ortola/20minutes
  • Cette centrale photovoltaïque sera construite sur l’ancienne décharge à ciel ouvert de Labarde, au nord de Bordeaux.
  • Ce site de 70 hectares a été fermé et dépollué, mais reste classé comme site sensible en raison des risques de pollution.
  • La centrale sera mise en service fin 2020, et devrait produire à terme de quoi alimenter en électricité plus de 34.000 habitants.

Il s’agira de l’une des dix plus grandes centrales photovoltaïques de France, et de la plus grande sur une ancienne décharge. Le producteur d’énergie JP Energie Environnement (Jpee) va lancer dans les prochains jours les travaux de la centrale photovoltaïque de Labarde, au nord de Bordeaux.

La centrale solaire de Labarde s’étendra sur 62 hectares. Sa puissance s'élèvera à 57 MW permettant de produire presque 75 GWh d'électricité par an, « soit une énergie suffisante pour alimenter en électricité [chauffage inclus] 34.550 habitants [ce qui correspond à 14 % de la population de Bordeaux en 2015] », assure le producteur. Cette installation « permettra d’éviter 22.000 tonnes de CO2 par an, et permettra également de valoriser un site dégradé en contribuant aux objectifs de transition énergétique » poursuit-il.

A titre de comparaison, les ombrières photovoltaïques du Parc des expositions de Bordeaux ont une puissance totale de 12 MW, et l'une des plus grandes centrales photovoltaïques d'Europe, à Cestas en Gironde a une puissance de 305 MW.

Ce site sensible ne peut être transformé en zone constructible

Le site d’environ 70 hectares, près de la piste de moto entre le bois de Bordeaux et la Garonne, est une « installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) [site présentant un risque important de pollution des sols] par un arrêté préfectoral qui interdit toute construction et toute activité non liée aux déchets », rappelle la mairie de Bordeaux. En gros, cette ancienne décharge à ciel ouvert, ne peut pas être transformée ni en zone constructible, ni en surface agricole. D’où l’idée de Jpee de la valoriser.

Présenté pour la première fois en juin 2017, ce projet a obtenu un permis de construire en septembre 2018. Le démarrage des deux premières tranches du chantier débutera cet été pour une mise en service en décembre 2020. La troisième tranche sera raccordée au réseau en 2021.

L’investissement est d’une quarantaine de millions d’euros, et Jpee bénéficie d’une autorisation d’exploitation de la mairie de Bordeaux, contre une redevance annuelle, de 35 ans. Le producteur d’énergie espère par ailleurs récolter quelque 500.000 euros via un financement participatif, réservé aux personnes physiques et collectivités territoriales des départements de l’ex-Aquitaine, avec un taux d’intérêt annuel de 5 % sur 5 ans.