Une portion de la route entre Cornebarrieu et Pibrac, au nord de Toulouse, a été réalisé grâce à un nouveau procédé.
Une portion de la route entre Cornebarrieu et Pibrac, au nord de Toulouse, a été réalisé grâce à un nouveau procédé. — Loëtitia GRIMAL / Eiffage Sud Ouest

INNOVATION

Toulouse: Quand les matériaux recyclés et un liant végétal remplacent le bitume

Un chantier expérimental a été mis en place sur la route entre Cornebarrieu et Pibrac, au nord ouest de Toulouse, pour limiter l’impact des enrobés sur l’environnement

  • Dans le cadre de son objectif de réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre, Toulouse Métropole teste un nouveau procédé mis au point par Eiffage pour réaliser les routes.
  • Ce nouvel enrobé utilise des matériaux recyclés et un liant 100 % végétal pour remplacer le bitume.
  • Dans le cadre d’une expérimentation à grande échelle, la route reliant Cornebarrieu à Pibrac vient de réaliser grâce à ce procédé.

Il est noir, comme les enrobés traditionnels, mais comporte une différence de taille. Depuis quelques jours, les habitants du nord-est de l’agglomération toulousaine circulent sur une route où le bitume a été remplacé par un liant végétal issu de l’industrie papetière : la poix.

Cette matière, résidu du procédé utilisé pour fabriquer du papier kraft, a aussi l’avantage de permettre de retraiter les chaussées à froid, contrairement au goudron qui nécessité d’être chauffé, consomme de l’énergie et est à l’origine d’émissions de gaz à effet de serre.

Après un premier test l’an dernier sur une portion de 300 mètres d’une route départementale, Toulouse Métropole et Eiffage ont décidé de s’attaquer à un axe plus important.

Moins polluant

« On racle la couche d’enrobé à réparer, on l’utilise pour refaire un produit de surface. Ce sont donc des matériaux recyclés auxquels on ajoute un liant 100 % végétal, un sous-produit du pin. On ne jette donc plus rien. Cela permet à la fois de recycler, et pour la santé des agents ce n’est pas neutre non plus », explique Grégoire Carneiro, vice-président de Toulouse Métropole en charge de la voirie.

Une action qui s’inscrit dans le cadre du plan « Climat air énergie » de la collectivité qui vise à réduire de 40 % d’ici 2030 ses émissions de gaz à effet de serre.

« Cet enrobé a les mêmes performances qu’un enrobé classique dont la durée de vie est de 20 à 30 ans. Le surcoût est pour l’instant de 5 % comparé à la technique traditionnelle, car les quantités sont faibles. Nous espérons à terme proposer ce produit à un coût équivalent, voire inférieur », poursuit Yann Lalain, directeur technique régional de la société Eiffage, qui a mis au point cet enrobé biosourcé​.

De son côté, l’élu toulousain ne cache pas que si cette expérience est concluante, d’autres routes pourraient être refaites avec la même technique qui réduit l’apport de matériaux neufs extérieurs et donc l’impact sur l’environnement.