Aude: Face à l'inquiétude liée à une pollution à l'arsenic, des cours d'écoles ferment

POLLUTION Après la découverte d’un taux élevé d’arsenic chez trois enfants de la vallée de l’Orbiel, polluée par des déchets miniers, la préfecture de l’Aude a pris un train de mesures, comprenant la suspension de cours d’écoles et d’équipements sportifs

20 Minutes avec AFP

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La mine d'or de Salsigne, fermée en 2004, dont les déchets polluants font encore polémique.
La mine d'or de Salsigne, fermée en 2004, dont les déchets polluants font encore polémique. — T. Bordas - Sipa - Archives

Les cours d’écoles, aires de jeux et terrains de sport inondés en octobre dernier suspendus, des analyses d’urine des enfants prises en charge ou encore la baignade et la pêche interdites… La préfecture de l'Aude a annoncé mardi tout un train de mesures visant à accompagner les habitants de la vallée de l’Orbiel, qui a connu une crue la crue dramatique en octobre dernier a causé 14 morts.

Depuis, la polémique sur une pollution du secteur, notamment en arsenic, par les cinq dépôts de déchets de la mine d’or de Salsigne, fermée en 2004, a ressurgi. Elle a pris une ampleur nouvelle la semaine dernière quand des parents de trois garçonnets qui ont fait leur scolarité dans la petite école du village de Lastours ont dévoilé que leurs enfants présentaient une surexposition à l’arsenic.

Face à l’inquiétude grandissante des habitants, les autorités – qui depuis octobre 2018 se voulaient rassurantes – déploient désormais des mesures plus concrètes. Mardi, à l’issue d’une réunion qui réunissait les responsables de l’Agence régionale de Santé (ARS) et du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), Alain Thirion, le préfet de l’Aude, a rappelé que « pour lever le doute » des prélèvements sont menés depuis une semaine sur les sols d’une quinzaine d’établissements publics touchés par les inondations.

Une réaction « tardive »

Comme les résultats ne sont attendus que pour le mois de septembre, ces équipements sportifs ou aires de jeux sont désormais fermés par précaution, notamment sur les communes de Conques, Trèbes et Villalier.

Par ailleurs, le préfet s’est engagé sur le principe d’une étude au long cours sur le « legs de l’activité minière » menée par des chercheurs indépendants.

C’est « une avancée mais tardive », a réagi Guy Augé, le président de l’Association de défense des riverains de Salsigne. « L’Etat n’est pas encore dans l’action au sens propre que représenterait une dépollution », estime de son côté François Espuche, le président de l’association de défense de l’environnement Gratte Papiers.