Des apiculteurs travaillent sur les ruchers du jardin du Luxembourg à Paris (image d'illustration).
Des apiculteurs travaillent sur les ruchers du jardin du Luxembourg à Paris (image d'illustration). — PIERRE VERDY / AFP

RUCHES

La récolte française de miel s'annonce «catastrophique» en raison des conditions climatiques

Les abeilles risquent de mourir de faim, selon les professionnels de l’apiculture

Des abeilles qui meurent de faim, face à des conditions climatiques désastreuses. Pour cette année, les producteurs de miel français prévoient déjà une production de miel « catastrophique ».

Alors qu’à ce stade, habituellement, « on a fait une bonne partie des miels, autour de 40, 50 %, là, on ne les a pas », se désole mardi Henri Clément, porte-parole et secrétaire général du syndicat majoritaire, l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf). « Les abeilles ne récoltent rien ! Dans les ruches, il n’y a pas à manger, les apiculteurs sont obligés de les nourrir avec du sirop car elles risquent de mourir de faim », déplore le syndicat agricole Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux), qui a lancé l’alerte dans un communiqué.

Du miel breton

Les causes de ce désastre sont multiples, selon le syndicat : « Un hiver très doux a facilité une bonne reprise de ponte, les colonies très populeuses se sont trouvées sans fleurs ni miellée [nectar butiné] et se sont effondrées en peu de temps. Ce nouveau coup dur est d’autant plus critique pour les apiculteurs qu’il intervient après plusieurs saisons difficiles. » « On a des conditions météo qui sont catastrophiques », renchérit Henri Clément. « Ça fait quelque temps qu’on s’alarme du bouleversement climatique qui a un gros impact sur les productions. Pour l’instant, il ne s’est quasiment pas fait de miel, à part en Bretagne, où ils ont tiré un peu leur épingle du jeu ».

« Les acacias dans beaucoup de régions ont gelé. Il a fait un printemps pourri, on a été obligé de nourrir les ruches, plutôt que de récolter du miel. On attend de voir un peu comment la saison peut évoluer, parce que ça peut se redresser, mais la canicule qui s’annonce a l’air de vouloir compromettre véritablement les récoltes », s’inquiète Henri Clément.