Mayotte: Une coulée de lave découverte au Sud du volcan sous-marin

GEOLOGIE Le volcan sous-marin de Mayotte a été découvert en mai dernier lors d’une mission scientifique en mer après l’apparition d’un phénomène de séismes en essaim

20 Minutes avec agences

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L'île de Mayotte (illustration).
L'île de Mayotte (illustration). — PIXABAY / ANYMAL2

Une coulée de lave a été localisée au sud du volcan sous-marin de Mayotte lors d’une nouvelle mission scientifique, a annoncé ce lundi lors d’une conférence de presse Stephan Jorry, géologue de l’Ifremer. Cette découverte est le signe d’une éruption sous-marine.

Ce volcan, « phénomène exceptionnel » selon le chercheur, avait, lui, été découvert en mai dernier lors d’une première mission scientifique en mer, coordonnée par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), après l’apparition en mai 2018 d’un phénomène de séismes en essaim à Mayotte.

Une coulée « relativement importante »

D’une surface de 8 km2 et d’un volume de 0,2 km3 de magma, la coulée de lave, qui ne provient pas forcément du cône du volcan, est « relativement importante », a précisé Stephan Jorry, chef de la nouvelle mission baptisée Mayobs 2. « On a rarement pu documenter des éruptions sous-marines, c’est très rare », s’est-il réjoui.

Selon le géologue, le volcan « n’a pas grossi en taille mais a toujours une activité fluide à son sommet ». Ces fluides, situés dans la colonne d’eau au sommet du volcan, n’atteignent pas la surface.

L’île confrontée a un essaim de séismes

Depuis mai 2018, Mayotte a subi plus de 1.800 secousses de magnitude supérieure à 3,5 dont une trentaine de magnitude supérieure à 5. L’essaim principal est situé à 10 km à l’Est de Petite-Terre avec des séismes localisés entre 25 et 50 km de profondeur. La fréquence des séismes « tend à freiner » depuis trois semaines, a indiqué Stephan Jorry.

Cependant, il n’y a pas, à ce jour, de lien scientifiquement établi entre l’activité magmatique et l’essaim de séismes, a précisé le géologue. De nouvelles missions scientifiques « sont en cours de définition », a expliqué le préfet Dominique Sorain, soulignant la vitesse à laquelle les recherches avancent. « Parce qu’il peut y avoir des risques en matière de sécurité », dont un affaissement des parois du volcan, il a rappelé que l’ensemble de ces analyses « va permettre de mieux quantifier les risques ».