Pas-de-Calais: La première ligne de bus à hydrogène a ouvert en France

TRANSPORTS La station d’alimentation des premiers bus de transport 100 % hydrogène a été inaugurée, vendredi, dans le Pas-de-Calais

G.D. avec AFP

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Illustration d'un bus à hydrogène à Londres, en 2016.
Illustration d'un bus à hydrogène à Londres, en 2016. — Dinendra Haria/SIPA
  • Le premier bus de transport 100 % hydrogène en France a été présenté, vendredi, à Houdain, dans le Pas-de-Calais.
  • La ligne de bus circulera sur 13 km entre les communes de Bruay-La-Buissière et d’Auchel avec un rechargement quotidien dans une station à Houdain.
  • Ce bus à hydrogène s’inscrit dans un projet de réorganisation du réseau de transports, dont l’investissement total s’élève à 405 millions d’euros.

C’est un « pari sur l’avenir pour le zéro carbone », selon ses concepteurs. Le premier bus de transport 100 % hydrogène en France a été présenté, vendredi, à Houdain, dans le Pas-de-Calais, lors de l’inauguration de sa station d’alimentation.

Dotés de quatre réservoirs de 30 kg d’hydrogène sur le toit et d’une pile à combustible, six bus fabriqués par la société française Safra, couvriront une ligne de 13 km entre les communes de Bruay-La-Buissière et d’Auchel et seront rechargés quotidiennement dans cette station, inaugurée en présence de nombreux élus locaux, partenaires et responsables d’entreprises.

Production d’hydrogène sur place

« Nous produisons notre propre hydrogène sur place avec une électrolyse de l’eau : on sépare des molécules d’oxygène et d’hydrogène, l’hydrogène est stocké puis comprimé et c’est cela qu’on va mettre dans le bus », a expliqué à l’AFP Sophie Masure, chef du projet au syndicat mixte des transports Artois-Gohelle.

« Cela ne changera absolument rien en termes de qualité de transport pour l’usager, sauf que le bus sera comme un bus électrique, silencieux », a-t-elle ajouté, voyant ainsi une « solution complètement verte » pour le transport.

Le « projet hydrogène », nécessitant 12,9 millions d’euros d’investissements, a mobilisé l’expertise de plusieurs entreprises françaises – outre Safra, Engie, Michelin, McPhy – et devrait permettre d’économiser quelque 530 tonnes de CO2 par an.

« Un enjeu industriel très fort »

Il s’inscrit dans un projet de réorganisation globale du réseau de transports, dont l’investissement total s’élève à 405 millions d’euros, incluant notamment l’achat de bus hybrides, d’importants travaux de voirie, la rénovation de dépôts de bus ou encore des transformations de la billetterie.

L’hydrogène est « une voie d’avenir pour les bus, les cars et les transports routiers qu’il faut pousser en avant au niveau européen, car c’est un enjeu industriel très fort », a pour sa part affirmé Thierry Mallet, PDG du groupe Transdev qui exploitera cette ligne dès la fin de l’été.

« Nous avons encore besoin d’optimiser les coûts, mais cela marche et c’est une réalité économique », a-t-il ajouté.