Bretagne: La région a encore des efforts à faire avec ses déchets

ENVIRONNEMENT Un plan de gestion et de revalorisation doit être voté ce vendredi avec l’objectif de tendre vers le zéro déchet à l’horizon 2040

Jérôme Gicquel

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Au Rheu près de Rennes, l'usine Paprec  a la capacité de traiter 60.000 tonnes de déchets par an.
Au Rheu près de Rennes, l'usine Paprec a la capacité de traiter 60.000 tonnes de déchets par an. — J. Gicquel / 20 Minutes
  • La région Bretagne doit voter ce vendredi un vaste plan de gestion et de revalorisation de ses déchets.
  • Si les Bretons sont plutôt des bons trieurs, il reste encore beaucoup d'efforts à faire pour tendre vers le zéro déchet, l'objectif fixé par ce plan.
  • Cela passera par des changements d'habitudes mais aussi la construction de nouveaux centres de revalorisation.

On parle souvent de la Bretagne comme d’une région exemplaire pour les déchets. Cela est vrai pour le tri sélectif. Les Bretons sont en effet les champions de France avec 97,26 kilos de déchets ménagers (emballages, verre et papier) triés en moyenne par habitant en 2017, soit 27 kilos de plus que la moyenne nationale.

Mais la région a encore beaucoup d’efforts à faire pour gérer ses immondices et mieux les valoriser. « Les déchets sont une vraie richesse avec des gisements d’emplois à la clé », estime Loïg Chesnais-Girard, président de la région. Ce vendredi, il présentera en session plénière un nouveau plan régional de gestion et de prévention des déchets. « L’objectif est d’atteindre le zéro enfouissement, de tendre vers le zéro déchet et de mieux valoriser ces ressources à l’horizon 2040 », indique l’élu.

Encore trop de déchets végétaux à la déchetterie

Facile à dire mais comment faire concrètement ? Tout d’abord en produisant moins de déchets. « Le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas », souligne Thierry Burlot, vice-président chargé de l’environnement. Sur ce point, la région n’y peut cependant pas grand-chose, renvoyant la balle aux entreprises afin qu’elles réduisent les emballages. La collectivité souhaite par contre étendre les nouvelles consignes de tri à toutes les communes. Actuellement, la moitié d’entre elles environ autorise les habitants à trier tous leurs emballages dans les bacs ou sacs jaunes.

Les Bretons vont également être invités à changer leurs habitudes. Chaque année, ils déposent en moyenne 200 kilos de déchets verts en déchetterie, un chiffre bien supérieur à la moyenne nationale. « Mais tout ça n’est pas gratuit », indique Thierry Burlot. Selon lui, la solution passe par le traitement à domicile. « Il faut que les gens apprennent à faire du compostage ou du paillage », souligne l’élu. Beaucoup de collectivités se sont d’ailleurs engagées dans cette démarche en proposant, souvent gratuitement, le prêt de broyeurs végétaux pour les particuliers.

Transformer les déchets en énergie

Reste enfin la question des déchets qui ne peuvent pas être triés (700.000 tonnes par an en Bretagne) et finissent incinérés ou enfouis. « On a longtemps exporté ces déchets car on ne voulait pas les voir. Mais ils vont désormais rester chez nous, c’est une ressource que l’on doit valoriser », affirme Thierry Burlot.

Cela passe par la construction de nouveaux centres de valorisation des déchets, comme celui de Ploufragan dans les Côtes-d’Armor, capables de transformer les déchets en combustible solide de récupération. « Il en faudrait au moins 6 ou 7 pour mailler tout le territoire », précise l’élu. La feuille de route est donc désormais tracée, ne reste désormais qu’à la mettre en pratique.