VIDEO. Recyclage: On est allés voir ce que deviennent nos machines à laver usagées

DÉCHETS Une nouvelle ligne de tri des déchets électroniques et électriques a été inaugurée mercredi sur le site GDE de Montoir-de-Bretagne

Julie Urbach

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Un tas d'appareils électroniques, à GDE, site de Montoir de Bretagne
Un tas d'appareils électroniques, à GDE, site de Montoir de Bretagne — J. Urbach/ 20 Minutes
  • L'un des leaders du recyclage des métaux, GDE, traite de plus en plus de déchets électroniques.
  • Sur son site de Montoir-de-Bretagne, il désosse notamment le gros électroménager collecté dans l'Ouest de la France.

On les oublie illico après les avoir laissés au livreur ou abandonnés à la déchetterie du coin. Mais au fait, que deviennent nos appareils électroménagers usagés ? Si des filières illégales existent toujours, en France et à l’étranger, le recyclage des déchets électriques et électroniques (les D3E) gagne peu à peu du terrain. En France, aujourd’hui, moins d’un appareil sur deux est revalorisé. En lien avec l’organisme Eco-système, les acteurs du secteur s’organisent pour atteindre l’objectif de 65 %, fixé pour 2019.

A Montoir de Bretagne (près de Saint-Nazaire), où est installée l’un des leaders du recyclage GDE, une ligne de tri à 500.000 euros, spécialement dédiée aux D3E vient d’être officiellement inaugurée, ce mercredi. Sur ce site, spécialisé ferraille et métaux, on transforme essentiellement des voitures (400.000 par an, amenées par les fourrières, garages, ou particuliers) mais de plus en plus de machines à laver, micro-ondes, ou cuisinières viennent trouver une nouvelle vie. Sauf que leur désossage est complexe. « Il faut ouvrir les appareils délicatement pour récupérer un maximum de composants, indique Philippe Sorret, directeur général de GDE. Jusqu’à présent, on le faisait manuellement, en cassant les coques avec de grosses masses. Depuis l’ouverture de la ligne, on a déjà gagné 20 % en productivité. »

Acier, alu, câbles, carte électronique…

Déversés par des énormes bennes, en provenance notamment des 15 points de collecte du grand Ouest de GDE, les appareils sont d’abord triés car chaque grande famille a son propre process (les réfrigérateurs doivent par exemple être dépollués car ils contiennent des fluides toxiques). Ils sont ensuite pré-broyés par d’immenses bras mécaniques, puis acheminés par un tapis, avant que des employés ne séparent à la main les composants. L’acier du tambour ou de la coque est enfin réduit en miette par un énorme broyeur de 6.000 CV, capable d’avaler une carrosserie de voiture en moins de cinq secondes.

A Montoir-de-Bretagne, plus de 13.000 tonnes de déchets électriques sont traitées par an : les métaux ferreux récupérés sont expédiés par bateau pour être refondus dans des aciéries et fonderies du monde entier, et notamment en Turquie. Les câbles en cuivre, l’inox ou l’aluminium (qui deviendra par exemple des pièces auto) sont également revendus. Si certains broyats sont envoyés dans d’autres sites de GDE, pour de nouveau être triés, les contrepoids des machines, faits en bétons, sont quant à eux concassés et également réutilisés. Les cartes électroniques, qui contiennent des métaux précieux comme de l’or, trouvent elles aussi évidemment preneurs en France, mais surtout à l’étranger.