Des éoliennes (photo d'illustration).
Des éoliennes (photo d'illustration). — P. Siccoli / SIPA

RAPPORT

Transition énergétique: Des décisions politiques «plus audacieuses» sont nécessaires, selon des experts

Des experts pointent du doigt « l’absence de politiques ambitieuses et cohérentes » qui empêche les énergies renouvelables de contribuer à enrayer les émissions de carbone

Des décisions politiques « plus audacieuses » sont nécessaires pour assurer la transition énergétique dans l’ensemble des secteurs d’activité et pour limiter le réchauffement climatique. C’est ce qu’indique le rapport 2019 sur les énergies renouvelables du réseau d’experts REN21 (Renewable Energy Policy Network for the 21st Century).

Pour l’heure, « l’absence de politiques ambitieuses et cohérentes » empêche les énergies renouvelables « de contribuer véritablement à enrayer les émissions de carbone » et d’atteindre les objectifs mondiaux en matière de climat, dénonce le document publié ce mardi.

Des efforts dans trois secteurs

D’après le groupe d’experts, il faudrait en particulier des politiques pour promouvoir l’utilisation d’énergies propres dans les secteurs de la chaleur, du froid et des transports. Les énergies vertes produisent plus de 26 % de l’électricité mondiale, mais elles ne contribuent qu’à hauteur de 10 % dans la production de chaleur et de froid et d’environ 3 % dans les transports.

Ce « déséquilibre » est dû « à un manque ou à une fluctuation des politiques publiques ». Le nombre de pays ayant une politique de promotion de la chaleur renouvelable a d’ailleurs diminué.

Le problème des subventions des combustibles fossiles

Plus généralement, la capacité de production d’électricité renouvelable installée en 2018 dépasse celle issue des combustibles fossiles et nucléaires combinés, selon les estimations du rapport. Toutefois, « une transformation majeure pourrait voir le jour si les pays arrêtaient de subventionner les combustibles fossiles », a indiqué Rana Adib, secrétaire exécutive de REN21, citée dans un communiqué.

Si une quarantaine de pays ont entamé une réforme de leurs subventions aux combustibles fossiles depuis 2015, ce type de dispositif existait toujours dans plus d’une centaine de pays en 2017 pour un total de 300 milliards de dollars (268 milliards d’euros). Par ailleurs, la tarification du carbone reste « un outil largement sous-exploité ».