Épandage de pesticides dans un champ en Loire-Atlantique, en octobre 2018.
Épandage de pesticides dans un champ en Loire-Atlantique, en octobre 2018. — SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA

ENVIRONNEMENT

Ille-et-Vilaine: Plus de 60.000 signatures pour les deux pétitions soutenant l’arrêté anti-pesticides du maire de Langouët

La préfecture d’Ille-et-Vilaine s’oppose à l’arrêté du maire de Langouët interdisant l’utilisation de pesticides à moins de 150 m des habitations

Plus de 42.000 signataires sur mesopinions.com, plus de 18.000 sur change.org. Les deux pétitions lancées il y a quelques jours en soutien à l’arrêté anti-pesticides du maire de Langouët (Ille-et-Vilaine) ont très vite fait le plein de signatures, avec des chiffres qui grimpent d’heure en heure. Dans leur viseur, la préfecture d’Ille-et-Vilaine qui a demandé officiellement à la municipalité de retirer son arrêté, au motif qu’il était « entaché d’illégalité ».

Le 18 mai dernier, Daniel Cueff, maire écologiste sans étiquette de cette petite commune bretonne de 600 habitants, avait adopté un arrêté interdisant l’utilisation de pesticides à moins de 150 mètres de toute habitation, sur la totalité du territoire communal.

Le maire dispose de deux mois pour retirer son arrêté

L’édile avait mis en avant le principe de précaution pour justifier sa décision, destinée à protéger la santé des habitants. « La loi nous laisse la possibilité d’intervenir pour pallier les carences de l’Etat, qui tergiverse pour interdire les pesticides de synthèse, expliquait-il à 20 Minutes. Il n’y a jamais eu de preuve que le glyphosate soit utile à la santé, or on en ingurgite dans l’air, dans l’eau, dans les aliments… Nous n’en voulons pas ! »

L’arrêté s’était toutefois heurté à la préfecture. « L’utilisation des produits phytopharmaceutiques relève d’un pouvoir de police spéciale confiée au ministre chargé de l’Agriculture », indiquait ainsi Michèle Kirry, la préfère d’Ille-et-Vilaine, interrogée par Ouest-France.

Daniel Cueff dispose maintenant de deux mois pour retirer son arrêté municipal. Passé ce délai, il s’expose à des poursuites devant le tribunal administratif. Un scandale pour les pétitionnaires qui dénoncent « l’inaction du ministère de l’Agriculture dans le combat contre les dangers des pesticides » et appellent à soutenir « l’arrêté courageux » du maire de Langouët.