Un couple de perroquets de l'espèce Ara de Spix.
Un couple de perroquets de l'espèce Ara de Spix. — Pairi Daiza

PLANETE

Comment le parc belge Pairi Daiza œuvre à la réintroduction d'un perroquet, le ara de Spix, au Brésil

Cette espèce de perroquet n’existe plus à l’état sauvage depuis vingt ans

  • L’ara de Spix, un perroquet du Brésil, n’existe plus à l’état sauvage depuis 20 ans.
  • Le parc belge Pairi Daiza et l’association allemande ACTP vont réintroduire l’espèce dans son milieu naturel.
  • Une cinquantaine de ces oiseaux seront relâchés d’ici la fin de l’année 2019.

Quand l’homme répare les bêtises de l’homme. D’ici à la fin de l’année 2019, une cinquantaine de perroquets de l’espèce ara de Spix seront réintroduits dans leur milieu naturel, au Brésil. Disparue à l’état sauvage depuis près de 20 ans, cette espèce bénéficie d’un programme de reproduction en Allemagne et très bientôt au sein du parc belge Pairi Daiza.

L’ara de Spix porte le nom de l’explorateur qui l’a découvert au XIXe siècle, dans la région de Caatinga, au Brésil. « Déjà, à l’époque, il s’agissait d’un oiseau rare. Il a totalement disparu à l’état sauvage dans les années 2000 à cause du braconnage et de l’agriculture qui a modifié son habitat naturel », explique Tim Bouts, directeur zoologique et vétérinaire de Pairi Daiza.

Bien que rare, ce perroquet est néanmoins connu du grand public, notamment grâce au film d’animation Rio, dans lequel il tient le rôle principal. « C’est pourtant un animal un peu énigmatique auquel le fondateur du parc s’intéressait déjà depuis longtemps. Pour ma part, cela fait environ sept ans que je travaille à sa reproduction », poursuit Tim Bouts. Une tâche ardue, même si les progrès de la science font évoluer les choses dans le bon sens. Selon le directeur zoologique, « en sept ans, grâce à l’insémination artificielle, la population captive d’ara de Spix est passée de 80 individus à près de 160 ».

Un centre de reproduction pour les oiseaux rares

La plupart de ces oiseaux se trouvent en Allemagne, au sein de l’association pour la conservation des perroquets menacés (ACTP). C’est d’ailleurs de là que partiront les premiers aras de Spix qui seront réintroduits au Brésil. « Nous avons co-financé avec l’ACTP et le Jurong Bird Park de Singapour un centre de réintroduction sur place », assure Tim Bouts. De son côté, Pairi Daiza finalise dans son parc de Brugelette un centre de reproduction pour les oiseaux rares, notamment cette espèce de perroquet.

Il faudra un peu de temps pour que l’ara de Spix recolonise son ancien royaume. « Nous allons réintroduire régulièrement des individus jusqu’à ce que la reproduction naturelle soit suffisante pour assurer la pérennité de l’espèce. Cela peut prendre toutefois quelques années », reconnaît le directeur zoologique de Pairi Daiza.

Dans le désert de Caatinga, tout est prêt pour accueillir les oiseaux sur plusieurs milliers d’hectares. « Pour le braconnage, il y a toujours un risque, mais il faudrait qu’ils soient fous », plaisante Tim Bouts. En effet, outre le personnel au sol appuyé par des drones, les agriculteurs locaux seront mis à contribution pour participer à la surveillance de la zone.