Éléphants: Une ONG dénonce l'explosion du braconnage au Botswana

ENVIRONNEMENT 156 éléphants auraient été tués rien que pendant l’année 2018, selon « Eléphants sans frontières »

20 Minutes avec agences

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Illustration d'un éléphant.
Illustration d'un éléphant. — HOerwin56

Le Botswana continue de décimer ses éléphants. Au moins 385 individus ont été victimes du braconnage entre 2017 et 2018 dans le nord, selon une étude publiée jeudi par l’ONG Eléphants sans frontières (EWB).

L’association dénonce une « nouvelle explosion du braconnage » dans le pays. Dans son étude publiée par la revue scientifique Current Biology, elle explique avoir découvert « des preuves d’un problème croissant de braconnage d’éléphants au Botswana ».

Polémique autour du nombre de « carcasses »

L’ONG a comparé les résultats de recensements aériens effectués en 2014 et en 2018. Selon elle, le nombre de carcasses « récentes » d’éléphants aurait augmenté de 593 %. Ainsi, au moins 156 éléphants auraient été tués pour leur ivoire pendant la seule année 2018.

EWB avait créé la polémique en 2018 en affirmant avoir identifié 90 carcasses de pachydermes au Botswana. Le gouvernement avait démenti ces chiffres, soutenant que l’ONG n’avait dénombré que 53 carcasses, pour la plupart mortes « de cause naturelle ou de conflits entre l’homme et la faune ». Dans cette nouvelle étude, EWB affirme que les preuves de braconnage sont « indiscutables ».

Une population précieuse pour le pays

En mai dernier, le président du Botswana Mokgweetsi Masisi a levé l'interdiction de la chasse aux éléphants. Il a justifié sa décision par l’augmentation des « conflits entre humains et éléphants », qui affectent « les moyens de subsistance » des habitants.

Cette décision a suscité des réactions indignées du côté des défenseurs de l’environnement. En effet, le pays abrite 135.000 éléphants en liberté, soit un tiers de leur population africaine connue. La richesse de sa faune a fait du pays une destination prisée pour les safaris, et le tourisme est le deuxième secteur porteur de l’économie du pays, après l’exploitation de diamants.