Côte d'Azur: Comment rendre la croisière (un peu) plus verte?

ENVIRONNEMENT A Nice et à Cannes, des initatives sont lancées en attendant de nouvelles règlementations globales pour limiter la pollution

Fabien Binacchi
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Deux paquebots au mouillage dans la baie de Cannes, le 6 juin 2019
Deux paquebots au mouillage dans la baie de Cannes, le 6 juin 2019 — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Des initiatives sont prises à Nice et à Cannes pour limiter l’impact des croisières sur la qualité de l’air, mais les compagnies ne sont pas forcément volontaristes.
  • De nouvelles réglementations plus globales devraient améliorer les choses à moyen terme.

Les ports de Nice et Cannes dans le triste top 50 des infrastructures les plus polluées d’Europe… C’est la conclusion de Transport & Environnement. L’ONG pointe du doigt les émissions de dioxyde de soufre des navires de croisières qui en rejettent « deux à cinq fois plus » que le parc automobile.

Dans ces deux points chauds des Alpes-Maritimes, qui devraient cumuler 239 escales et voir débarquer plus de 453.000 passagers cette année, on s’inquiète de l’impact environnemental du tourisme maritime. Mais les moyens d’action sont, pour l’instant, limités.

Une nouvelle norme en janvier 2020

A Nice, où des capteurs ont été installés par Atmosud, des mesures prises en 2018 pour éloigner les navires lors des pics de pollution auraient porté leurs fruits. « Les seuils d’ozone, de particules fines et de dioxyde de soufre n’ont pas été franchis », avance la métropole. L’activité croisière y aurait tout de même généré 5,563 tonnes d’oxyde de soufre sur l’année 2017, dixit Transport & Environnement. La faute au fioul lourd, moins cher, utilisé par les géants des mers.

Dans cet océan de pollution, une nouvelle réglementation pourrait faire entrevoir un début d’amélioration. Dès janvier 2020, les compagnies devront se plier à une nouvelle norme de soufre pour les carburants marins, édictée par l’Organisation maritime internationale. Le taux passera de 3,5 % (ou 1,5 % pour les ferries) à 0,5 %. C’est déjà ça.

Une charte de bonne conduite à Cannes

Et il apparaît difficile, en l’état, d’obtenir mieux. A Cannes, la mairie planche bien sur une charte garantissant l’utilisation d’un carburant limité à 0,1 % de soufre au plus proche des côtes… Mais, sans résultat pour le moment. L’annonce de la venue du maire David Lisnard sur le MSC Seaview, lors de son escale inaugurale le 25 avril, pouvait laisser présager qu’un accord avait été trouvé avec ce mastodonte de la croisière. La visite est finalement tombée à l’eau.

« MSC nous a opposés une fin de non-recevoir, avance Diane Leveque, conseiller technique au sein de la collectivité. L’aspect économique semble bloquant. Sans accord, nous serions prêts à imposer les choses. » Et ce, même si la manne touristique pouvait s’en retrouver impactée. Contactée par 20 Minutes, la compagnie MSC n’avait pas donné suite ce jeudi. Norwegian Cruise Line a également été approchée par la ville de Cannes. Sans apporter de réponse ferme et définitive pour le moment.

Le salut viendrait peut-être d’une action du gouvernement. Une étude, commandée par l’Etat, encourage la mise en place en Méditerranée d’une zone d’émissions contrôlée (ECA, pour « Emissions control area »). Déjà en place en mer du Nord ou dans la Manche, notamment, ces ECA imposent l’utilisation d’un carburant à 0,1 % de soufre. La France pourrait porter cette volonté devant l’Organisation maritime internationale avec les autres pays méditerranéens. Pour une mise en application pas avant 2022.