Changement climatique: Les océans pourraient perdre 17 % de leur faune d'ici 2100

ÉTUDE Certaines zones verraient leur biomasse animale réduire drastiquement

20 Minutes avec agences

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Les récifs coralliens, animaux marins composés de centaines voire de milliers de polypes, sont de la même famille que les méduses, les anémones de mers et les gorgones
Les récifs coralliens, animaux marins composés de centaines voire de milliers de polypes, sont de la même famille que les méduses, les anémones de mers et les gorgones — ROMEO GACAD AFP

Si les émissions de CO2 gardent leur rythme actuel, quelque 17 % de la masse des animaux marins pourraient disparaître d’ici 2100. C’est le résultat d’une évaluation internationale inédite publiée ce mardi dans la revue américaine Pnas.

L’étude tient uniquement compte des effets du climat, sans considérer d’autres facteurs comme la surpêche et la pollution. Trente-cinq chercheurs, réunis au sein du consortium « FishMIP » (Fisheries and marine ecosystem model intercomparison project) ont testé de multiples modèles pour aboutir à cette évaluation globale.

Un degré en plus, 5 % d’animaux en moins

Si le monde parvenait à garder le réchauffement sous 2 °C, le déclin des animaux marins se limiterait à 5 %. « Quels que soient les scénarios d’émissions, la biomasse globale des animaux marins déclinera » à cause de la hausse des températures, notent les chercheurs. Pour chaque degré de réchauffement, l’océan perdra 5 % de biomasse animale.

Selon l’étude, l’impact sur la faune marine serait plus important aux niveaux les plus élevés de la chaîne alimentaire. Ainsi, poissons et mammifères seraient plus touchés que le plancton. Le déclin serait par ailleurs plus net en zones tempérées et tropicales, où les ressources ont déjà été amoindries par la présence humaine.

Un réchauffement difficilement limité

D’autres régions pourraient, elles, voir leur biomasse marine augmenter, comme en Antarctique. « L’avenir des écosystèmes marins dépendra fortement du changement climatique », résume Yunne-Jai Shin, coautrice de l’étude. « En conséquence, les mesures de préservation de la biodiversité et de gestion des pêches doivent être reconsidérées. »

Fin 2015, les Etats s’étaient engagés dans l’accord de Paris à contenir la hausse des températures sous 2 °C par rapport au niveau d’avant la Révolution industrielle. Mais les émissions et concentrations mondiales de gaz à effet de serre ont atteint un nouveau niveau record en 2018.