Pyrénées: Le gouvernement annonce qu'il ne prévoit pas de nouvelle réintroduction d'ours

ANIMAUX Il n'y aura pas de nouvelle réintroduction d'ours dans les Pyrénées, sauf si des ours sont tués par des hommes

20 Minutes avec AFP

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Une manifestation d'éleveurs en colère à Pau, contre la réintroduction de deux ourses dans le Béarn, le 30 avril 2018.
Une manifestation d'éleveurs en colère à Pau, contre la réintroduction de deux ourses dans le Béarn, le 30 avril 2018. — Fernand Fourcade/SIPA

Le gouvernement « n’engagera pas de nouvelles réintroductions d’ours » dans les Pyrénées, sauf si des ours sont tués par des hommes, ont annoncé ce jeudi les ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture confrontés à la résistance des éleveurs.

Face à la levée de boucliers liée notamment à l’introduction de deux femelles slovènes en 2018, le gouvernement a adopté une nouvelle feuille de route pour « mieux concilier l’activité pastorale en montagne avec la présence de l’ours ».

Mécontentement des bergers

Dans son introduction, « l’Etat affirme que, dans les conditions actuelles de la dynamique de population, il n’engagera pas de nouvelles réintroductions d’ours, sauf en cas de mortalité, notamment liée à une cause anthropique » (due à une activité humaine), ont précisé les ministères dans leur communiqué.

Cette feuille de route devait être présentée ce jeudi après-midi à Toulouse aux parties prenantes par le préfet d’Occitanie Etienne Guyot, coordonnateur pour le pastoralisme et ours. Cette réunion a été boycottée par des pros et des anti-réintroduction d'ours, une première.

Alors que la transhumance des brebis a commencé, le texte prévoit « une meilleure information des éleveurs sur la localisation des ours et le développement des moyens de communication dans les estives », selon le communiqué. Un « dispositif d’effarouchement graduel » sera également mis en place « pour les estives qui font l’objet d’une prédation » d’ours malgré des mesures de protection des troupeaux.

Un soutien financier pour les éleveurs

Ce point notamment a poussé la quinzaine d’associations de la Coordination Associative Pyrénées pour l’Ours (Cap Ours), qui défendent la présence du plantigrade dans le massif, à boycotter la réunion de ce jeudi.

La feuille de route prévoit également « un accompagnement financier renforcé des éleveurs pour le déploiement des mesures de protection des troupeaux (parcs, chiens et bergers) » et une « revalorisation de l’indemnisation » de leurs pertes liées aux attaques d’ours.

Environ 40 ours bruns dans les Pyrénées françaises

« Je connais ce problème qui est un problème de cohabitation entre les activités humaines et la nature », a commenté le ministre de la Transition écologique François de Rugy au Sénat. « L’ours est une espèce protégée, nous voulons préserver l’ours des Pyrénées », a-t-il ajouté, évoquant sa « préservation fragile ». « Nous n’aurons pas une politique d’éradication de l’ours dans les Pyrénées, nous sommes au rendez-vous pour aider les éleveurs dans leur cohabitation ».

En comptant Sorita et Claverina, femelles slovènes introduites l’an dernier, 40 ours bruns avaient été décomptés dans les Pyrénées françaises en 2018, avait annoncé au printemps le ministère, soulignant toutefois que ce nombre, en baisse par rapport aux 46 de 2017, pouvait être sous-évalué.