Oxfam dénonce les investissements des banques françaises dans les énergies fossiles

FINANCE En 2016-2017, les six grandes banques françaises ont consacré 71 % de leurs investissements aux énergies fossiles

20 Minutes avec agences

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Illustration d'une raffinerie de pétrole.
Illustration d'une raffinerie de pétrole. — G . VARELA / 20 MINUTES

Les banques françaises ne respectent pas les accords de Paris sur le climat. En réaction, l’ONG Oxfam a publié ce mercredi un communiqué pour demander au gouvernement de contraindre les banques à ne plus investir dans les énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz).

L’association des « actes forts » afin de forcer les banques « à publier immédiatement un plan de sortie des énergies fossiles ». Le communiqué d’Oxfam en profite pour publier une étude sur les politiques énergétiques de huit établissements bancaires, analysée par Fair Finance France.

Selon ce document, seule la banque NEF est une bonne élève, avec une politique de financement des projets à impacts neutres et positifs (énergies renouvelables ou agriculture bio). Elle est suivie par le Crédit Coopératif, filiale de BPCE, qui finance l’économie sociale et solidaire.

Pas la moyenne

La maison mère est en revanche avant-dernière du classement juste devant Crédit Mutuel-CIC. En 5e position, la Société générale et le Crédit agricole font aussi partie des lanternes rouges. Même la Banque postale, troisième, ne décroche pas la moyenne, selon les critères établis par Fair Finance France.

Sur la période 2016-2017, les six plus grandes banques françaises ont consacré la majeure partie de leurs financements aux énergies fossiles : 62,5 % pour le gaz et le pétrole et 8,5 % pour le charbon contre 19,6 % pour les énergies renouvelables. Les 9,4 % restants ont financé d’autres énergies, comme l’hydraulique et le nucléaire, détaille Oxfam qui se base sur un rapport de 2018.

Oxfam réclame des mesures contraignantes

« Nous avons cessé d’être neutres », a réagi BNP Paribas dans un courrier. « Et nous avons résolument déplacé le centre de gravité de nos financements de manière à devenir un accélérateur de la transition énergétique. » La banque française critique les méthodes d’Oxfam pour cette étude, qui compare ses « chiffres bruts à ceux de banques plus petites », laissant croire « que nous ne faisons pas d’efforts pour réduire le financement des énergies fossiles ».

Pour Oxfam, le gouvernement doit contraindre les acteurs financiers à adopter « un plan de désengagement progressif du charbon au plus tard en 2030 dans l’OCDE et l’UE, et en 2040 dans le reste du monde ». Elle préconise aussi un « plan de stabilisation puis de diminution » des investissements dans le gaz et le pétrole. Elles demandent enfin une totale transparence des émissions de gaz à effet de serre liées à leur portefeuille.