Mont-Blanc: L'accès au sommet désormais strictement encadré

ALPINISME Près de 25.000 alpinistes se pressent, chaque année, pour gravir le plus haut sommet des Alpes, entraînant surfréquentation et insécurité

20 Minutes avec AFP

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Le massif du Mont-Blanc, situé en Haute-Savoie (image d'illustration).
Le massif du Mont-Blanc, situé en Haute-Savoie (image d'illustration). — JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Si vous prévoyez d’escalader le Mont-Blanc, vous devez désormais impérativement réserver un refuge. Selon un arrêté signé, ce vendredi, par le préfet de Haute-Savoie, les alpinistes voulant gravir le sommet par la voie normale en plusieurs jours ne pourront désormais plus le faire sans réservation dans un des refuges présents sur le trajet.

Près de 25.000 alpinistes se pressent, chaque année, pour gravir le plus haut sommet des Alpes, entraînant « des phénomènes de surfréquentation des refuges, des problèmes de sécurité des pratiquants, et ponctuellement des incivilités et des atteintes à l’ordre public », avait constaté la préfecture début avril.

Les refuges du Goûter, de Tête-Rousse ou du Nid d’Aigle

Comme cette ascension par la voie normale (passant par Tête-Rousse, Aiguille du Goûter, dôme du Goûter, arête des Bosses) « implique, pour une grande majorité d’ascensionnistes, au moins une nuit de repos sur l’itinéraire », le préfet Pierre Lambert a décidé d’encadrer très strictement cet hébergement. Il remarque que la « surfréquentation des hébergements » entraîne en particulier des risques de sécurité et des « risques sanitaires ».

Ainsi, et puisque les actions de communication et de prévention se sont avérées « inopérantes » – jusqu’à des menaces physiques contre un gardien de refuge – ces alpinistes ne pourront plus accéder à l’itinéraire sans détenir une réservation aux refuges du Goûter, de Tête-Rousse ou du Nid d’Aigle. Une mesure en vigueur du 1er juin au 29 septembre.

Un balisage lumineux différent pour l’ascension et la descente

Le préfet rappelle que camper en site classé est passible de deux ans de prison et 300.000 euros d’amende, et que « toute personne faisant acte de rébellion » contre les personnes chargées de mettre en œuvre cet arrêté encourt deux ans de prison et 30.000 euros d’amende, voire trois ans et 45.000 euros s’il s’agit d’un groupe. L’arrêté ne concerne pas « les personnes se présentant dans un état de détresse ».

Le 8 avril, la préfecture avait également annoncé des opérations de remise en état ou de sécurisation des itinéraires du Mont-Blanc, notamment un balisage lumineux différent pour l’ascension et la descente. L’arrêté, a indiqué la préfecture, a été pris « à l’issue d’une large concertation menée ces derniers mois en lien étroit avec le maire de Saint-Gervais », d’où partent la plupart des expéditions. L’élu, Jean-Marc Peillex, a qualifié l’arrêté « d’aboutissement de quinze ans de combat pour que le Mont-Blanc soit respecté et que les alpinistes puissent en jouir sans excès​ ».