Comment Nantes tente de réduire sa consommation d’éclairage public

ENERGIE La métropole nantaise s’est fixé l’objectif de réduire d’un tiers sa consommation d’éclairage public

Julie Urbach

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Illustration de la ville de Nantes de nuit
Illustration de la ville de Nantes de nuit — Stephan Menoret/ Nantes métropole
  • Près de 95.000 points lumineux sont installés sur la métropole nantaise.
  • Installation de LED, extinction, abaissement de la puissance... Plusieurs pistes sont suivies pour tenter de réduire la consommation.

Diminuer d’un tiers la consommation de l'éclairage public d’ici 0 2020. Voilà l’un des engagements qui figurent dans la feuille de route de Nantes métropole en faveur de la transition énergétique. Alors que plusieurs collectifs nantais appellent la métropole à se déclarer en état d'urgence climatique, et que les tarifs de l’électricité ont augmenté depuis ce week-end, comment la collectivité, qui indique être « sur la bonne voie » pour tenir ses objectifs, s’y prend-elle ?

Si chaque famille dispose, en moyenne, de 25 lumières chez elle, leur gestion est nettement plus compliquée à l’échelle d’une métropole. « Lampadaires, bornes… Nous avons près de 94.734 points lumineux sur les 24 communes, ce qui représente 2.000 armoires de commandes ! », confirme Pierre Hay, vice-président à Nantes métropole en charge du dossier. La dernière facture donne elle aussi le tournis : 5,5 millions d’euros pour un an. « Elle aurait dépassé les 7 millions si nous n’avions rien mis en place », rétorque Dany Joly, chef de service éclairage public, pour qui l’enjeu est donc de stabiliser le coût. Plus de 8 millions d’euros ont été investis depuis 2014 pour y parvenir.

LED favorisés, boules interdites

Comme de nombreux particuliers, la métropole mise d’abord sur les LED. Le système est utilisé pour toutes les nouvelles installations, mais le renouvellement du parc existant risque de prendre un certain temps : 3 à 4 % sont remplacés par an, même s’« il faudrait qu’on accélère, malgré un budget contraint », dit-on. Aujourd’hui, on compte seulement 13 % de luminaires LED, alors que plus de deux tiers sont des lampes à vapeur de sodium, à l’origine de ces lumières de teinte jaune, voire orangée parfois.

Quant aux boules qui éclairent autant le trottoir que le ciel, elles sont en voie de disparition après avoir été interdites pas la loi. « En 2025, il ne devrait plus y en avoir du tout, annonce Dany Joly. L’objectif est aussi d’éviter la pollution lumineuse, même si sur une place, ces boules éclairent les façades, les arbres, et donnent une présence… » Car les luminaires ne sont pas uniquement là pour voir devant soi. « L’éclairage public crée un sentiment de sécurité, estime Pierre Hay. Même si les études menées ne montrent aucun lien entre l’éclairage public et les actes de délinquance, on ne peut pas tout éteindre comme ça. »

Extinction, abaissement, détection…

Dans certaines communes de l’agglo, pourtant, les maires ont accepté de couper l’éclairage la nuit, entre minuit et 5h30. Six communes traînent encore des pieds, dont Nantes où des alternatives sont testées. « On pourrait éteindre un lampadaire sur deux ou sur trois, mais les habitants ne comprennent pas bien cette discontinuité, estime Dany Joly. On mise plutôt sur un abaissement de la puissance, jusqu’à 40 %. On le fait où c’est possible, avec les LED. »

Des systèmes de détection de présence ont enfin été expérimentés çà et là. « On en avait installé sur le pont Senghor, se rappelle le directeur. La lumière oscillait entre 10 et 100 %. Ça fonctionne bien mais ce n’est pas là que l’on fera un gain énorme en termes d’économie. » Cependant, le système aiderait à atteindre une sobriété lumineuse, favorable au respect de la biodiversité, « un facteur qu’il faut évidemment aussi prendre en compte. »

 

Quid des panneaux lumineux?

Si la métropole peut agir sur son propre éclairage, les panneaux publicitaires lumineux  installés par JC Decaux ne seraient pas soumis à la même règlementation. Les élus écologistes ont récemment dénoncé «une pollution lumineuse sans précédent». «Il faudrait se pencher sur cette question», admet Pierre Hay.