Loire-Atlantique: Mystère autour des éoliennes de Nozay accusées de tuer des vaches

SANTE Depuis l’arrivée des éoliennes à Nozay en 2012, des éleveurs disent constater des troubles chez leurs vaches

20 Minutes avec AFP

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Illustration de vaches devant des éoliennes
Illustration de vaches devant des éoliennes — L. Venance/ AFP
  • A Nozay, des éleveurs accusent les éoliennes et les fuites de courant électrique dans le sol de causer des problèmes de santé chez leurs vaches.
  • Aucune hypothèse n’a pour le moment été retenue, même s’il pourrait y avoir « un effet cumulatif des champs magnétiques ».

Des vaches qui meurent, refusent la traite et se comportent bizarrement… Depuis l’arrivée d’éoliennes, c’est le cauchemar dans deux élevages de Loire-Atlantique, et le casse-tête pour les experts qui s’avouent désemparés. Avec environ 250 vaches, l’élevage de Didier et Murielle Potiron, installés depuis 1989, est l’un de ceux les plus observés par les experts.

« Les problèmes ont commencé fin 2012 avec les travaux de fondation des huit éoliennes du parc de Nozay, dont l’une se trouve à 600 mètres de la stabulation », raconte l’éleveuse qui parle de baisse de la production laitière, de difficultés à vêler, ou retards de croissance Les éleveurs se plaignent de maux de tête, de douleurs aux jambes et d’insomnies. Depuis avril, ils sont suivis par le CHU de Nantes, comme une vingtaine de riverains.

Lien entre éoliennes et comportement des animaux

Les éleveurs accusent les éoliennes dont ils avaient pourtant volontiers accepté l’installation sur leur champ, et les fuites de courant électrique dans le sol. Didier Potiron, confie « ne pas pouvoir tenir une année de plus » et réclame un « arrêt total du parc pendant trois semaines » pour déterminer la responsabilité des éoliennes. Une hypothèse jugée trop coûteuse, l’exploitant réclamant selon lui un dédommagement de 80.000 euros par jour.

Mandatés par la préfecture, les experts du GPSE (Groupement permanent pour la sécurité électrique), association chargée de régler les problèmes électriques dans les élevages, concluent en 2017 à une « concomitance de l’installation et de la mise en service des éoliennes avec l’altération des performances et les troubles du comportement des animaux ». Une étude de corrélation qui s’appuie sur les données du robot de traite établit même « clairement le lien » au moins pendant deux mois entre les incidents de traite et la production d’électricité.

Hypothèse du sous-sol

Mais aucune anomalie électrique ni aucun courant parasite n’ont été détectés, selon le rapport. Le réseau de distribution d’électricité Enedis conclut à « un fonctionnement normal du réseau ». Pour le président du GPSE Claude Allo, il semble « urgent de travailler sur l’hypothèse du sous-sol dans la mesure où les troubles sont liés, comme dans deux autres cas non résolus, à des travaux qui ont perturbé le sous-sol ». Il appelle les instituts de recherche à s’intéresser au sujet.

Pourquoi ce parc éolien pose-t-il problème aujourd’hui sur un territoire qui en compte 1.500 ? Alors que la France s’est fixée pour objectif le développement de la puissance éolienne, le cas de Nozay interroge. Le résultat de nouvelles études de terrain menées depuis janvier, financées par l’Etat, est attendu d’ici début juin.

« Nous n’excluons pas que les éoliennes aient pu être la goutte d’eau qui a fait déborder le vase avec un effet cumulatif des champs magnétiques », juge Serge Boulanger, secrétaire général de la préfecture de Loire-Atlantique. Il invite à « ne pas faire un faux procès aux éoliennes », rappelant la présence d’une ligne très haute tension et d’antennes téléphoniques, jugées pourtant trop éloignées par le GPSE. « Nous avons une obligation collective d’aboutir parce qu’il y a vraiment une souffrance humaine et animale », reconnaît Serge Boulanger.