Nîmes: Un loup rode aux portes de la ville, la préfecture lance une traque

MENACE L'animal aurait déjà causé du tort à des agriculteurs, en tuant des animaux

N.B. avec AFP

— 

Illustration d'un loup.
Illustration d'un loup. — Gary Kramer/AP/SIPA

Voilà de longs mois qu’un loup solitaire s’attaque à des animaux, au sud de Nîmes (Gard). Mercredi, la préfecture du Gard a annoncé qu’une traque était lancée pour tenter de retrouver l’animal, après de nouvelles attaques contre des troupeaux.

« Au début, je n’y croyais pas une minute, mais les experts nous disent que l’on est face à un loup solitaire, ce qui est rare, et sur un terrain périurbain plat, ce qui est également atypique, a souligné Didier Lauga, le préfet du Gard, lors d’une conférence de presse, mercredi. Ça inquiète la population, au-delà du monde agricole, même s’il n’y a pas d’attaques d’humains, il y a un irrationnel, une émotion autour du loup. »

Un loup filmé en 2017

En 2018, quelque 53 faits, des bêtes tuées ou blessées, qui ont souvent dû être euthanasiées, ont été attribués à ce loup, dans la zone des Costières, et 22 ont été constatés en 2019 sur ce plateau proche de Nîmes. Ce sont principalement des ovins qui ont été attaqués, mais aussi des veaux et de jeunes chevaux. Un loup avait été filmé à plusieurs reprises depuis 2017​ dans cette zone de vignes, notamment à Bellegarde.

La préfecture a détaillé des « mesures d’urgence » visant « à tuer » ce loup : des chasseurs bénévoles, nommés par le préfet, ont mis en place des veilles nocturnes. Puis, dès le 3 juin, une brigade spécialisée de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage interviendra au moins une semaine. Patrick Alimi, directeur adjoint de la Direction départementale des territoires et de la mer, évoque « trois semaines d’opérations un peu commando », assurant que la pression sera maintenue si besoin.

« C’est un animal protégé », mais « jusqu’à maintenant les défenseurs des loups ne se sont pas manifestés », a indiqué le préfet du Gard, mercredi. La France a relevé à la fin de l’année 2018 le quota d’abattage de loups de 43 à 51 bêtes pour l’année, soit environ 12 % de la population estimée. Les scientifiques recommandaient alors de ne pas prélever plus que ce pourcentage sous peine de menacer l’espèce.