Réchauffement climatique: Une montée des océans de deux mètres d’ici 2100 est «plausible», selon des experts

CLIMAT La dernière estimation réalisée par le Giec, en 2014, évoquait une hausse de moins d’un mètre du niveau des océans à la fin du XXIe siècle

20 Minutes avec AFP

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Un iceberg photographié en mars 2016 au large de l'Antarctique (photo illustration).
Un iceberg photographié en mars 2016 au large de l'Antarctique (photo illustration). — EITAN ABRAMOVICH / AFP

Alors que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) estimait, en 2014, que le niveau de la mer pourrait augmenter d’un peu moins d’un mètre, d’ici la fin du XXIe siècle, du côté de l’Académie américaine des sciences (Pnas), les chercheurs sont encore plus pessimistes.

Dans une étude publiée ce lundi, l’Académie américaine des sciences (Pnas) prévient que la hausse du niveau de la mer pourrait être supérieure aux prévisions du Giec : leur prédiction médiane est de 69 cm dans un schéma optimiste, et de 111 cm dans la trajectoire actuelle, par rapport à 2000.

Un réchauffement de 5°C entraînerait des conséquences dramatiques

Le scénario optimiste est un réchauffement de la planète de 2°C par rapport à l’époque pré-industrielle (fin du XIXe siècle) : c’est l’objectif minimal de l’accord de Paris, signé en 2015. La Terre s’est déjà réchauffée d’environ 1°C depuis cette époque. Le scénario pessimiste est un réchauffement de 5°C, ce qui correspond à la trajectoire actuelle, non infléchie, des rejets de gaz à effet de serre par les activités humaines.

Mais l’amplitude possible de la montée des océans, selon les experts ayant participé à l’étude, est très grande : même si l’humanité parvenait à limiter la hausse de la température du globe à 2°C, la montée pourrait varier entre 36 et 126 cm (intervalle de probabilité de 5 à 95 %). Et en cas de hausse de 5°C, il existerait un risque de 5 % que la hausse dépasse 238 cm.

Près de 1,79 million de kilomètres carrés en moins et 187 millions de personnes déplacées

L’étude est un assemblage des estimations de 22 experts des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique. La fonte de ces glaces est l’un des facteurs principaux de la montée des eaux, avec les glaciers (rivières de glaces) et l’expansion thermique des océans (l’eau chaude gagne en volume).

« Nous concluons qu’il est plausible que la montée du niveau des mers dépasse deux mètres d’ici 2100 dans notre scénario de haute température », écrivent les auteurs. Cela se traduirait par la perte de 1,79 million de kilomètres carrés de terres, et le déplacement de 187 millions de personnes, selon eux. « Une montée des mers de cette ampleur aurait des conséquences profondes pour l’humanité », avertit l’auteur principal, Jonathan Bamber, professeur à l’université de Bristol.