Nice: Comment respirera-t-on dans 50 ans sur la Côte d'Azur?

ENVIRONNEMENT Des chercheurs mènent une étude sur la qualité de l’air en 2065, avec 2°C de plus au thermomètre

Mathilde Frénois

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Sportifs et voitures se côtoient sur la promenade des Anglais de Nice.
Sportifs et voitures se côtoient sur la promenade des Anglais de Nice. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Les chercheurs d’AtmoSud étudient l’impact des hausses des températures sur la pollution de l’air.
  • Un travail qui vient de débuter et dont les résultats seront connus en juin 2020.

Ils ont pris « le scénario le plus favorable ». Celui d’une augmentation de l’utilisation des énergies propres et d’une croissance démographique mesurée. Se basant sur une hausse de 2°C de la température dans les Alpes-Maritimes entre 2036 et 2065, les chercheurs d’ AtmoSud étudient son impact sur la pollution de l’air. Un travail qui vient de débuter et dont les résultats seront connus en juin 2020.

« En ce moment, à Nice et dans les Alpes-Maritimes, il y a deux problématiques classiques : la pollution à l’ozone par le trafic automobile et la question des particules du chauffage au bois l’hiver », détaille Alexandre Armengaud, responsable de la coopération scientifique à AtmoSud.

Pics d’ozone

Des pollutions qui peuvent être enrayées par « la mise en place d’infrastructures pour le transport des citoyens, pointe-t-il. On attend beaucoup des résultats avec le tramway notamment. On espère que ça enlevera des véhicules sur les grands axes. »

Dans 30 ans, la température augmentera à coup sûr. Un changement climatique qui pourrait impliquer sur la Côte d’Azur des périodes de canicule plus longues et des températures au-delà de 28°C même la nuit. Ces facteurs pourraient impliquer des épisodes de pics d’ozone plus intenses : « En août dernier dans la région Paca, on a eu une période de canicule associée à des pics d’ozone. Avec un maximum journalier de 180 microgrammes par mètre cube qui a été dépassé », fait remarquer Alexandre Armengaud.

Poêle à bois et climatiseurs

Les chercheurs avaient besoin des prévisions climatiques pour faire leurs prédictions. Car augmenter le nombre de jours chauds, c’est booster l’utilisation de la climatisation. « La température l’été a une implication sur les climatisations. Dans le sud de la France, on consomme plus d’énergie électrique à se refroidir l’été qu’à se chauffer l’hiver. Cette tendance risque de se concrétiser. »

D’autant plus que si la hausse de 2°C est avérée, l’effet pourrait être inverse sur la qualité de l’air, essentiellement l’hiver : « Sur la question des particules fines, le chauffage au bois devrait se réduire », anticipe Alexandre Armengaud qui table sur la démocratisation « des poêles à bois qui émettent 25 fois moins de particules que les cheminées » et sur « l’amélioration technologique des voitures qui seront moins polluantes ». Les chercheurs ont jusqu’à juin 2020 pour confronter ces paramètres. Et pour se prononcer la qualité de l’air de la Côte d’Azur dans 50 ans.